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Le billet de Michel

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Publié le par Michel
Publié dans : #Thaïlande-Les Gens

Quelque peu à l’écart du tumulte de Pattaya, ils mènent une vie paisible.

Tout deux ont été très participatifs dés ma prise de contact avec Jak. C’est à eux  à qui je confiais des enveloppes contenant l’argent à remettre chaque début de mois lorsque j’étais en France.


Marc aujourd’hui âgé de 70 ans, n’est pas en bonne santé. Toux persistante, essoufflement, fatigue l’obligent à consulter. Verdict du médecin: bronchite chronique. Cela est plausible car une longue vie de fumeur et un travail dans les bars de longues années ont certainement rendu les bronches fragiles.

 

MARC EST GRAVEMENT MALADE.

Dimanche 14 Janvier 2007

 

Ces dernières semaines la santé de Marc a très vite déclinée. Je me rends aujourd’hui, à l’hôpital de CHONBURI à 80 km environ de Pattaya où Marc a été transféré.

 

Marc était hospitalisé à Pattaya dans un grand hôpital international depuis le 10 décembre dernier.  Dés son arrivée à l’hôpital, il fût mis sous assistance respiratoire en soins intensifs et après deux longues semaines, il fallut faire une trachéotomie. L’on apprit alors qu’il était atteint d’un cancer aux poumons. Les métastases avaient envahi les glandes lymphatiques. Son bras, sa main et sa jambe gauche avaient plus que doublé de volume.

 

Le coût des soins dans cet hôpital de Pattaya était de 50.000 bath par jour environ soit plus de 1.000 Euros !!!...  Malheureusement Marc ne dispose pas d’une couverture sociale en tant qu’expatrié qui perd ses droits à la Sécurité Sociale (la Caisse des Français à l’Etranger prend alors le relais mais Marc n’a pas rempli le dossier dans les temps et il est maintenant trop tard !!!)…

Vous imaginez la situation dramatique, car il doit payer à fond perdu les sommes à l’hôpital.

 

Afin d’essayer de trouver une solution, je prends contact avec l’Ambassade de France à Bangkok en expliquant la situation. Plusieurs coûts de fil au Consul, puis fax … Peu de solutions peuvent être envisagées. D’autant qu’entre temps, l’état de Marc a empiré. Il est devenu intransportable pour un rapatriement et, ne pouvant plus payer, il a été transféré à Chonburi vendredi 5 janvier vers un hôpital thaïlandais, où il est installé dans une chambre commune de 30 lits, surbookée à 35 / 40 lits certains jours.

 

Dans cette salle de soins intensifs ne se trouvent que des cas extrêmes, pratiquement tous sous assistance respiratoire, certains plongés dans un coma. Cette grande salle est ouverte de chaque côté pour faire circuler l’air mais aussi la poussière. Les ventilateurs au plafond en sont recouverts.  Des râles, les bruits des appareils, le va et vient du personnel et des visiteurs…. Et les décès fréquents ! Voilà l’ambiance !

Le représentant du Consul qui s’est déplacé mardi dernier a quelque peu pâli en entrant dans cette chambre et nous a dit : « Je n’ai jamais vu cela ! »

J’arrive à l’hôpital, après 2 heures de route.  Je rejoins Marc que je trouve dans un état de fatigue extrême. Impossible de communiquer car il ne peut parler (à cause de la trachéotomie). Ce sont donc plutôt des questions de ma part auxquelles il répond par des mouvements de tête ou des mains.

Sa fatigue me préoccupe et je lui suggère d’essayer de dormir un peu. Comme ses mains tremblent, je les prends entre les miennes et essaie ainsi de le calmer un peu. Il semble s’assoupir, ouvre parfois les yeux et me voyant les referment aussitôt.

 

Restant ainsi, j’ai tout loisir de regarder un moniteur cardiaque placé deux lits plus loin. Il est à 152, et je le vois diminuer : 140..130..145..125..puis descend lentement et inexorablement… parfois une légère remontée…

Je ne peux m’empêcher de me souvenir de la semaine précédente ou un même moniteur a suivi la même courbe …. Le « graphique » (pardon, je ne sais pas comment cela s’appelle) est parfois plat puis repart…les bips de cette machine s’espacent…. nous sommes à 45… 43…42… 30… et quelques minutes plus tard 0. …. Une petite remontée 4..5..et encore zéro… La famille venu rendre visite à ce patient est dans le patio et ne se rend compte de rien. Je n’ose bouger car je vais réveiller Marc. Enfin quelqu’un s’approche, intrigué car l’appareil ne bipe plus… Des yeux se remplissent de larmes. C’est fini.

 

Il se passe un très long moment (au moins dix minutes) avant que l’on tire le rideau et que le personnel s’affaire. Pour ma part, en trois visites, c’est la quatrième fois que je vois un patient mourir… Et tout le monde – y compris les autres malades – voit la même chose !

 

C’est bien triste pour Marc. Il se trouve dans cet environnement, ne peux pas s’exprimer et en plus ne peut comprendre ce que les infirmières ou médecins lui disent car le personnel ne parle qu’exclusivement thaïlandais.

 

Je n’entrerais pas dans le détail des quelques heures passées en sa compagnie. Elles ont été vraiment trop dures pour lui. Beaucoup trop de souffrance physique, et nous ne pouvons rien faire.  C’est trop triste, nous sommes impuissants et c’est très dur à accepter.

 

Vous sortez d’un tel endroit en ayant l’impression d’avoir porté pendant des heures un sac de ciment sur les épaules et les jambes sont … coupées. Voilà, c’est cela : coupées.

 

Retour à Pattaya par le bus. Comme souvent,  il est super bondé : les places assises sont une cinquantaine environ… nous devons être 80. 30 clients supplémentaires – dont moi – sont debout entre les sièges à se cramponner tant bien que mal. Un peu plus de deux heures plus tard, je saute à l’arrière d’une moto taxi pour rejoindre l’hôtel où je parviens vers 17 heures.


Epuisé, je m’allonge sur le lit et ne tarde pas à m’endormir. Une heure plus tard environ, je me réveille un peu moins fatigué. Une douche, sortir afin de dîner légèrement, et retour à l’hôtel pour une nuit de repos. Demain lundi, en route pour la Mission à RAYONG où je retrouverai, les malades et les enfants, pour une nouvelle journée d’action.

 

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