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Le billet de Michel

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Publié le par Michel
Publié dans : #Thaïlande-Jak

Dimanche 30 septembre 2007, je me rends à CAMILLIAN pour effectuer ma visite aux malades du Sida (la plus jeune à 3 ans, la plus âgée une soixantaine d’années) et leurs dispenser quelques attentions qui feront oublier un court instant leur bien triste condition.


Départ de l’hôtel en moto taxi jusqu’à l’arrêt du bus Bangkok - Rayong.

 

Le pilote du taxi moto insiste pour me conduire directement à Camillian avec ce qui ressemble plus à une mobylette qu’une moto.

-   Non merci, lui dis-je, je prends encore le bus aujourd’hui !        

Vous m’imaginez 50 km aller, autant pour le retour à califourchon sur cette « pétrolette » ! ! !

 

Arrivée du bus qui s’arrête, si l’on peut appeler cela un arrêt. En effet, souvent les bus ralentissent, semble stopper, mais en fait, ils roulent encore au pas. Il faut donc effectuer un saut en se cramponnant à l’intérieur et hop, à peine avez-vous les deux pieds à l’intérieur qu’ils accélèrent. La portière est encore ouverte et se fermera une fois le bus en route. C’est donc ce qui se passe aujourd’hui.

 

Peut-être est-ce une astuce pour que vous ne puissiez pas redescendre ! … car ce bus est plein à craquer.  Environ cinquante places assises, toutes occupées, et dans l’allée centrale, 25 ou 30 passagers. Le caissier, voulant encore empocher quelques argents, nous pousse toujours plus vers le fond de l’autocar pour laisser encore quelques places disponibles.

 

Je me cramponne tant bien que mal, manque plusieurs fois de m’étaler lors d’un arrêt, qui n’en est pas, ou d’un démarrage fulgurant. Car le conducteur, avec ses lunettes de soleil RAY-BAN et sa grosse chevalière jonchée d’une superbe pierre a un peu l’air  mafieux,  et la pédale excitée !

 

Vous avez compris que je veux dire qu’il a une conduite saccadée et peu en adéquation avec la surcharge de passagers dans son bus !... En tout cas, son air peu aimable ne m’incite pas à lui demander de nous bercer pour ce trajet.

 

Je m’accroche donc comme je peux avec une main, l’autre tenant ma casquette et un sac plastique, dans lequel j’ai déposé deux parts de Pizza pour Jak (une commande).

 

Quelques enfants sont du voyage, et pour calmer l’un d’eux, sa mère à la très bonne idée de lui donner un jouet pour l’occuper. Ce qui, en soi, n’est pas stupide !

Sauf que, le jouet en question est une petite guitare et lorsque le gamin appuie sur une touche : une musique stridente retentit. Soit il n’y a qu’une touche, soit le gamin adore cette « mélodie » et nous avons droit à la même sérénade pendant 20 ou 30 minutes. C’est long, c’est très long !

 

J’ai envie de mordre, mais n’en fait rien. Finalement, j’aurai du partir en pétrolette !  Cette vision me fait sourire. La maman me croit heureux et demande à son p’tit gars de m’en jouer encore un peu.

 

Je ne tape pas des pieds, je ne fais pas une dépression nerveuse et prend mon mal en patience. Enfin, au bout d’une heure et demie, je parviens à destination.

 

Un petit saut, faire attention à poser le bon pied par terre et - ce serait mieux – dans le bon sens, je n’ai plus le temps de dire « Au Revoir » que le bus est déjà reparti.

 

Je rentre à la mission, le sourire aux lèvres, en pensant que dans ce bus, il y avait au moins 80% des passagers qui étaient bien plus jeunes que moi.

 

Et pas un ne m’a offert, malgré mes cheveux blancs, (enfin, ceux qui restent) une place assise !

 

C’est donc que, finalement, je ne dois pas paraître mon âge, NON ?....

 

Pour terminer, quelques mots de JAK, que nous avons conduit voici onze mois à la mission.

 

Onze mois qu’il a passé dans un lit, en soins palliatifs, où il a fêté ses 31 ans. Il ne peut plus du tout marcher, ses jambes sont complètement atrophiées.  C’est très – trop - triste. 
 

Et….je ne peux rien faire, ni pour lui, ni pour les autres malades d’ailleurs.

 

La colère gronde en moi, car les soins et les médicaments ne sont pas les mêmes qu’en Europe. Tout cela me perturbe et me révolte.

 

Pour ne pas « exploser » j’essaie de prendre un peu de recul.

 

Finalement,  je ne suis pas aussi fort que je voudrais l’être !

 

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