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Le billet de Michel

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Publié le par Michel
Publié dans : #Thaïlande-Jak

5 h ½ de transport  et 4 h ½ à l’hôpital de Rayong.  

Ce matin 14 janvier 2008, à 9 heures ce matin je quitte l’hôtel.

Comme d’habitude, j’utilise un taxi-moto qui me conduit à l’arrêt du bus Bangkok-Rayong. D’ordinaire, un bus arrive environ toutes les trente minutes. Aujourd’hui, cela commence bien mal. L’attente est interminable et bien sur, lorsqu’un bus arrive : que croyez-vous ?   Il est, comme très souvent,  déjà en surcharge.

 

Toutefois, le « caissier » pense qu’il peut faire plus de recette, et nous invite gentiment mais fermement  à  nous pousser vers le fond du car.

Comme je résiste un peu, il met sa main dans mon dos et tout en me caressant entre les omoplates me pousse fermement. Evidemment, je ne suis pas trop content, et tourne mon visage pour lui montrer mon désaccord.  Il me sourit et, secouant la tête, a l’air de dire : «  ben oui, mais faut y aller ». Que puis-je faire ? J’avance vers le fond du bus.

 

Au gré des montées et des descentes de passagers, comme par un jeu de chaises musicales, je me trouve tout au bout de l’allée centrale, juste devant la toute dernière rangée, qui est une longue banquette de cinq places. Celle-ci se trouve sur une petite estrade d’environ 30 centimètres, car le moteur est juste en dessous. Sur le devant, il me semble qu’il y a comme une grille car je sens une vague de chaleur m’envahir les jambes. Tout en haut, du plafond, tombe une ventilation froide. J’ai donc chaud en bas, froid en haut, au milieu, ca va merci !

 

Un long moment encore, et un passager quitte sa place sur la banquette. Je me précipite avant que quelqu’un ne s’installe. C’est la première fois que je suis assis à cet endroit.
Je ne suis pas certain de renouveler l’expérience. En effet, ce sont les places Orangina (secouez, secouez-moi !).  Une femme est à coté de moi, «elle va avoir une descente d’ovaires» pensais-je ! Quant à moi, c’est plutôt le café qui remonte !

 

Comme il fait un grand soleil dehors, le caissier, pour nous protéger de la chaleur et en même temps pour réduire les frais de climatisation, décide de fermer ou faire fermer les rideaux bleus marines. Nous voilà dans une demi-pénombre. Si l’on ne voit plus rien de la route et de l’extérieur nous n’en sommes pas moins secoués.

 

Petit à petit, les passagers sont moins nombreux et je parviens à récupérer une place plus près du conducteur. Ainsi, je vois par le pare brise la route afin de ne pas rater la mission où je parviens vers 11 h 30. Après un rapide bonjour à tous ceux que je rencontre,  j’avance vers la salle de soins palliatifs. Jak n’est pas là, il est à l’hôpital de Rayong. Cela devient assez fréquent, je me fais expliquer où se trouve cet établissement. Ce n’est pas bien clair, mais je décide tout de même de m’y rendre. C’est environ à 20 kilomètres de la mission…. Me voici, à nouveau, au bord de la route, attendant un bus ou un taxi collectif  (petit camion avec deux banquettes en longueur à l’arrière). C’est ce dernier qui me conduira jusqu’à son terminal à Rayong. Je demande ensuite à un taxi-moto d’aller à  l’hôpital dont le nom m’a été écrit en thaïlandais, où j’arrive vers 12 h.

 

C’est un hôpital typiquement thaïlandais, avec beaucoup d’ouvertures, une multitude de bâtiments peu faciles à mémoriser à première vue. A peine entré dans la première salle d’attente, j’aperçois Jak sur un brancard. Il me dit être ici depuis 8 heures du matin, et ne pas avoir vu le docteur.  Ce n’est pas la vérité.  Ai-je bien compris ?  Lui-même ne sait-il plus trop ce qu’il en est ? 

Il a bien vu un médecin et attend les médicaments qui sont fournis par l’administration hospitalière. Il recevra un plus tard, un immense sac plastique avec toutes sortes de pilules, gélules, fortifiants et vitamines. Songsak, un aide-soignant m’expliquera avec forces détails les qualités de chaque prescription. Mais, cette fois, c’est moi qui ne comprends pas tout et n’enregistre rien.

 

Après avoir reçu ses médicaments, Jak devra attendre encore car la mission a conduit six malades et tout le monde rentrera ensemble, dans le même véhicule. Jak est bien mal en point.  Il n’a pas déjeuné car ce n’est pas bon, dit-il. . Je trouve, dans une salle aménagée une vingtaine de petits restaurants,  je cherche du riz avec du porc, une sauce non pimentée et un Coca-cola, selon ses souhaits. Au retour, je l’aide à boire et il essaie de manger seul mais c’est bien difficile. J’ai l’impression qu’il doit faire de gros efforts pour déglutir. Le Coca le fait grimacer. Il désire plutôt un café glacé. Je repars effectuer le nouvel achat, et constate à mon retour qu’il n’a pratiquement rien mangé.  Avec une paille, il avale une gorgée de café glacé et n’en veut plus. C’est assez désespérant, mais il est malade. Il faut le comprendre.

 

Il n’est pas seul ici, alors je vais rendre visite aux autres malades de la mission, qui attendent soit la consultation d’un médecin, soit les résultats des examens, soit les médicaments.
Il y a un aveugle, qui a également de plus en plus de mal à marcher. Un autre malade, qui perd progressivement la vue, deux jeunes femmes dont une n’a plus toute sa raison et un jeune homme de seize ans (mais il en parait neuf tellement il est chétif).

 

Songsak me fait rencontrer quatre infirmiers spécialisés en accompagnement et soins pour les malades séropositifs dans cet hôpital. Nous dialoguons un long moment car Ils sont curieux de comprendre mon action et surpris de voir un farang dans leurs murs. En conclusion, Songsak traduit mes visites avec une phrase qui, un temps, faisait rire à Camillian: « Mitchel est le sponsor des malades à Camillian ».

 

Pour conduire les deux aveugles auprès d’un médecin, nous devons traverser plusieurs salles d’attente. Songsak, prend les dossiers sous un bras, moi je le suis en réglant mes pas sur ceux de Nonne qui marche lentement derrière moi en me tenant par les épaules. Anioukoun tient Nonne par la chemise. Nous déambulons ainsi, et je vous laisse imaginer les regards des thaïlandais en voyant un aide-soignant habillé d’une veste blanche sur laquelle est brodée une grande croix rouge, symbole des Camillian, et un farang qui « joue » au petit train avec deux thaïlandais aveugles, dont un peine à marcher. Le seul farang que je suis ressemble un peu à un Ovni dans ces lieux.

 

Un peu de temps avec l’un, un peu de temps avec un autre, acheter quelques boissons, essayer de faire sourire, voici ce qu’a été mon programme de la journée. Un vieux monsieur Thaï, sur un brancard à côté de Jak, a du penser que j’étais une nouvelle recrue de l’établissement. Il m’interpelle et en thaï, sans s’occuper de ma réponse « maicochaï » (je ne comprends pas). 

 

Finalement, avec quelques difficultés, je crois comprendre, l’aide à s’asseoir sur le brancard, lui ouvre un sac plastique dans lequel il a une boisson, et lui tient le flacon pendant qu’il boit avec une paille. Il souhaite ensuite rester un moment assis, je l’aide alors à plier ses jambes. Il est content, moi aussi, même si je me demande s’il ne va pas passer par-dessus bord. Je ne reste pas trop loin (au cas où) et lorsqu’il me semble « assez stable » je lui indique par signe que je vais ailleurs. Il me parle thaï et à ses « savadee krap », je comprends qu’il me remercie.

 

Le temps passe lentement, les consultations se terminent. Tout le monde se rapproche de la pharmacie centrale pour la récupération des médicaments. Chacun attend avec un petit papier dans la main, sur lequel est inscrit manuellement un nombre. Un grand panneau lumineux indique le numéro des commandes disponibles. Le dernier numéro affiché est le 3.320, trois malades de Camillian détiennent  les numéros : 3370 – 3392 et 3472. Ce n’est pas possible, il y en a pour deux heures au moins. Il faut comprendre que chaque ordonnance est constituée du détail des pilules, gélules, etc. Ici, ce ne sont pas des boites que l’on fournies, mais le nombre exact de cachets, selon l’ordonnance. Evidemment, cela augmente terriblement le temps de préparation, mais diminue les coûts.

 

Après un rapide calcul du temps d’attente avec mon retour à Jomtien, je demande à Songsak, s’il veut bien que je le laisse attendre seul avec les malades car, si je reste, je vais rentrer trop tard à la mission et risque des problèmes pour récupérer le bus une fois la nuit tombée. Bien sur, il n’y voit aucun inconvénient. Encore une fois, je fais le tour des malades pour leur dire que je rentre et que je les verrais bientôt à la mission. J’ai un peu de peine pour eux qui sont là depuis ce matin.

Le retour en bus est prévu à 16 h 30. Je ne sais pas encore que ce retour sera, une nouvelle fois, folklorique.

 

Phase 1 :nous démarrons à une allure d’escargot pour récupérer le maximum de clients, en ville. Nous sommes un moment rattrapés par un taxi-moto qui demande l’ouverture de la porte alors que nous roulons très lentement. Le  passager est passé de la moto au bus, pratiquement sans arrêt, au milieu de la circulation. Je n’avais jamais vu cela, mais chaque voyage est une nouveauté.

 

Phase 2 : conduite sport, façon formule 1 : « le circuit est à moi, virez-vous de là ». Le chauffeur est un adepte du mime Marceau. Pour un rien, c’est une gesticulation incroyable. C’est rigolo au début, puis cela devient ennuyeux et fatiguant. Notre Marceau du volant fume quantité de cigarettes. Il  passe et reçoit de nombreux appels téléphoniques Cette conduite se veut sportive, mais elle est surtout dangereuse et immature. Bien souvent, je me cramponne sur mon siège.

 

C’est vous dire combien je suis heureux de me faire déposer (sain et sauf) devant la grande surface Lotus à Pattaya pour prendre le dernier Taxi-moto de la journée et rejoindre l’hôtel.

Il est alors presque 19 heures.

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