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Le billet de Michel

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Publié le par Michel
Publié dans : #Thaïlande-Jak

Lundi 28 janvier 2008 retour à Camillian. Voici un nouveau bus qui s’arrête (Chonburi – Rayong). Comme je crains qu’une fois encore le bus habituel soit en retard, je me dis : pourquoi pas celui-ci ?


Comme toujours, et surtout le lundi matin, ce n’est plus un bus, c’est une bétaillère. Et encore, me dis-je, je suis heureux, lorsque j’aperçois deux femmes enceintes debout, dans la cohue.
Je me demande comment elles supportent, notamment lorsque j’en voie une se tortiller, autant que son ventre lui permet, entre les passagers pour s’orienter vers la sortie. Je rentre le ventre et les fesses presque à m’asseoir sur les genoux d’un passager assis, lui, pour libérer la plus grande place dans le couloir.
Ben dis donc, je n’avais encore jamais vu cela !

 

Le caissier, fait le même cheminement, en sens inverse, pour faire payer les derniers passagers. Il arrive vers moi, et à ma précision Camillieeennn, il ne comprends pas !          
Je décide donc de lui dire une nouvelle fois avec l’indication du prix en thaïlandais : Ocque sip bath, et il me répond :

-   Social center, ok na !

Voila donc un nouvel intitulé.

 

Au milieu du brouhaha et du bruit diffusé par la télévision, mon téléphone sonne. Je décroche après avoir vu que Sunee appelait. Il est impossible d’entendre quoi que ce soit.

 

Bien sur, je pense au pire, et trouve le reste du voyage bien long. Entre temps, je peux rejoindre un siège libre.

 

Après avoir traversé la cour de la mission, salué par les habituels malades, toujours souriants, j’entre, un peu inquiet, dans la salle de soins palliatifs.


Jak, au fond de son lit, est encore amaigri. Il a le visage tiré, la main droite est complètement recroquevillée et déformée.  Je pose une main sur son front, il ne semble pas avoir de fièvre, il ouvre les yeux et me dit:

-  Savadee krap  (ce qui veut dire Bonjour !)

 

Sunee nous rejoint et me dit qu’elle avait téléphoné car Jak souhaitait manger une espèce de bouillon de poulet. Je n’en ai pas évidemment, puisque je n’ai rien entendu, dans le bus.

-  Où puis-je acheter cela ?

-  A BAN CHANG.


Bon, et bien, je repars, j’attends un taxi collectif (petit camion) sur le bord de la route qui me conduira à BAN CHANG (environ 10 km). A l’épicerie, je trouve la potion, et je reviens à la Mission.
 

Sunee me dit

-  Tu n’en as acheté qu’un.

-  Oui (je croyais que c’était un truc à diluer, genre soupe, il n’en est rien c’est un concentré à boire tel quel).

Jak avale le contenu du flacon avec une paille. Cela semble lui convenir, je laisse donc de l’argent à Sunee qui en fera provision pour le lendemain.

 

Aujourd’hui, Jak est un peu moins amorphe que lors de ma dernière visite. Il est même parfois agressif et peu aimable avec les autres malades et les aides-soignants. Mais ne serions nous pas, nous aussi, un peu - ou beaucoup - méchant dans une telle situation ?

 

Il me dit qu’il pense trop et qu’il faut que je le conduise à Bangkok car ici cela ne lui plait pas. Il n’est pas bien. Il faut donc aller à Bangkok.

Et, là je commets une bourde impardonnable et inacceptable, car, au lieu de lui dire que nous allons faire le nécessaire, je lui explique comme je l’avais fait de précédentes fois, que l’on ne peut pas quitter ainsi Camillian, comment peut-on faire les 240 ou 250 km en taxi, dans quel hôpital pouvons nous nous rendre ?

 

Je lui demande alors s’il veut que je prévienne sa famille, qui, peut-être pourrait demander un rapprochement de leur domicile. J’obtiens une réponse catégorique : NON.

 

Que dire ?  Sinon, qu’il faut essayer de manger, de prendre des forces et qu’ensuite nous verrons !

 

Mais je m’en veux terriblement de n’avoir pas eu la présence d’esprit de mentir en lui faisant croire que j’allais m’occuper de ce changement.

Le problème est qu’il a toute sa tête et qu’il ne s’agit pas de dire n’importe quoi car il vous rappelle alors vos propos et vous vous trouvez le « bec dans l’eau » !


Mon dieu, que ces situations sont pénibles et difficiles !  Je me suis promis – mais n’est-il pas trop tard – que si la question m’est de nouveau posée, je mentirai en disant qu’un ami fait le nécessaire à Bangkok pour lui.

 

Un peu plus tard, je quitte la Mission, fort mécontent de moi et très fatigué. Je sombre dans un mauvais sommeil dans le bus, et de retour à l’hôtel m’allonge et m’endort immédiatement pendant plus d’une heure.

 

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