le-billet-de-michel
En France et
en Thaïlande.
Réalité de la vie et rêves de voyages
Jeudi 31 janvier.2008, inutile de dire combien le bus est surchargé.
Celui-ci présente une particularité, le système de refroidissement fuit, et il « pleut » sur quelques sièges inoccupés. Je reste debout un long moment, et lorsqu’un siège, à coté d’une
fuite se libère, je m’installe.
Pas très longtemps, car à un moment, le bus fait une embardée et …. Je me retrouve douché.
Voila qui commence bien la journée !
Enfin, tout cela n’est qu’anecdote en retrouvant Jak, très fatigué. Le visage est extrêmement tiré, le blanc des
yeux est un peu plus jaune, la peau redevient tâchée et très noire. Il faut voir pour le croire, comment un corps peut être modifié par la maladie. Putain de SIDA !
Il ne parle pratiquement pas, mais il observe tout ce qui se passe autour de lui. Les seules paroles sont :
- Quand repars-tu à Paris ?
- Dans deux semaines.
Il ne semble pas (ou ne veut pas) avoir de réaction.
Je réussi à lui faire boire du lait vitaminé avec une paille. Sunee m’informe qu’il boit deux fois par jour ce concentré de poulet que nous avons acheté l’autre jour.
Aujourd’hui, j’ai apporté deux petits cadeaux à Moss et à Mac.
Ces deux garçons, respectivement âgés de trois et cinq ans vivent ici avec leur maman malade. Ils ne sont pas scolarisés avec les autres enfants orphelins.
Ils peuvent « profiter » encore un peu de leurs mamans.
Et, lorsque elles seront « parties », plus tard, ils rejoindront les autres.
Alors que je termine ma distribution habituelle, arrive une ambulance de l’hôpital de Rayong. Trois jeunes femmes et un enfant en descendent. Les femmes essuient leurs yeux
remplis de larmes.
Le petit garçon [10 ans] regarde alentour et ne semble pas très bien comprendre.
C’est alors qu’un malade me montre les jambes du gamin.
Des jambes dans cet état sont courantes pour un certain nombre de malades adultes.
Cependant, je n’avais jusqu’alors, jamais vu un enfant dans cet état.
L’hôpital ne peut plus rien faire, cet enfant est donc confié à la mission.
Je m’éloigne un moment, marche un peu, pour Libérer ma
"tristesse".
La photo ci-contre parle d'elle même.
(J'ai volontairement caché le visage de cet enfant).