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Le billet de Michel

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Publié le par Michel
Publié dans : #Thaïlande-Jak

Mercredi 6 février 2008, exceptionnellement, le trajet pour Camillian est luxueux.

En effet, je dois travailler avec Wilfrid, un bénévole canadien, pour la Mission sur la préparation du calendrier 2009. Nous devons sélectionner les meilleures photos ou les plus « touchantes » parmi les clichés réalisées par Wilfrid.
Ensuite, nous voudrions joindre un texte d’accompagnement, et je mettrais cela en forme sur mon ordinateur, pour que Wilfrid puisse les présenter au Directeur de la mission.

Je pars donc avec un sac de documents et l’ordinateur portable. Ainsi harnaché, je ne m’imagine - même pas en rêve – sur le taxi-moto ou dans le bus bondé. Un juste prix est négocié avec un taxi (voiture) qui me conduit à Camillian mais ne m’attendra pas, car je ne sais pas à quelle heure nous aurons terminé.

Départ hôtel 9 h 15, à peine trois quart d’heure plus tard nous arrivons à Camillian, un vrai bonheur. Un confort qui a un prix (environ 12 Euros) c’est six fois le prix en moto et bus. J’apprécie néanmoins à sa juste valeur ce confort temporaire.

Arrivée à la Mission : mes chouchous Moss et Mac me sautent dans les bras, et le chauffeur de taxi me regarde – ahuri – ne comprenant pas très bien la situation.

Visite en salle de soins palliatifs. Quelques malades m’interpellent par mon prénom, et selon leurs possibilités font un salut du fond de leur lit avec les deux mains jointes devant le visage ou un semblant de salut ou avec une seule main. Mais c’est l’intention qui compte.

Jak est dans un semi coma.
Lundi, il ne parlait plus. Aujourd’hui, il entrouvre péniblement les yeux lorsque je lui parle, semble me regarder, mais me voit-il seulement ? Les yeux sont jaunes et vides d’expression. Il semble fixer un point sur le mur. En lui prenant un bras, et en lui parlant doucement, je réussis à lui faire avaler deux ou trois gorgées de jus d’orange à l’aide d’une paille.

C’est un effort considérable pour lui, il repart aussitôt dans son monde à lui, les yeux mi-clos. Arranger l’oreiller ou l’aider à faire un geste attire des grognements de
douleurs. Je renonce et préfère alerter les aides-soignants qui ont l’habitude de ces situations.

La cantine est ouverte, et la distribution des boissons commence. Coco m’aide à porter la soixantaine de canettes de Pepsi, Sprite, Fanta. Il surveille aussi pendant la distribution les resquilleurs.

Mes « clients » deviennent exigeants. Je dois retourner changer un surplus de Sprite pour des Pepsi manquants. Autrefois, on acceptait la boisson quelle qu’elle soit vers la fin de la distribution, aujourd’hui on « exige ».

Mais le client est roi n’est ce pas ?

L’heure suivante est consacrée au travail du calendrier. Repas ensuite avec le staff et les enfants. Deux heures encore de travail. Nous finalisons notre travail en gravant les CD.

Un peu plus tard, je suis seul devant les bureaux.
Dans son fauteuil électrique, un malade traverse la cour dans ma direction. Je souris car je ne lui ai pas donné ce matin son traditionnel billet de 100 bath. Il vient donc le chercher.
Il stoppe son fauteuil roulant, tire maladroitement sur la fermeture éclair de son sac, car une seule main est à peu prés valide. Il doit terminer l’ouverture avec les dents.

Alors il dirige sa main vers ma poche :
cela signifie : Tu me donnes des sous ? Parfois, je le fais    « marcher » un peu (Quel vilain jeu de mot) mais finis toujours par lui donner un billet et il le sait bien.

Une autre visite à Jak, toujours dans son semi coma. Il n’ouvre même pas les yeux lorsque je lui dis quelques paroles d’encouragement. Je parle un peu avec une aide soignante, et nous sommes d’accord, la situation est devenue très sérieuse.

Elle me promet de me téléphoner si ….

Wilfrid me raccompagne à Ban Chang, m’évitant ainsi l’attente sur le bord de la route, sous un soleil de plomb. Bus pour Pattaya. Il est 16 h 30, le bus n’est pas surchargé de clients. A l’arrivée à Pattaya, j’évite le taxi-moto et prend un vrai taxi sur le parking de la grande surface. Arrivée hôtel 18 heures.

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