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Le billet de Michel

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Publié le par Michel
Publié dans : #Thaïlande-Camillian

Un bus à fort roulis, un autre qui trouve le moyen de se coincer entre la route et l’entrée de Camillian, décidemment, ce lundi 16 juin va encore une fois me permettre de vous raconter quelques péripéties des transports en Thaïlande.

Le matin, j’attends longuement le bus en provenance de Bangkok, direction Rayong pour me rendre à la mission. Lorsque celui-ci arrive, je comprends en montant les marches à l’intérieur que nous sommes dans une antiquité. Cela me parait donc normal qu’il se traîne quelque peu !!!


Je n'ai pas osé prendre des photos, tant l'intérieur était en mauvais état !.. Il faut savoir que les rideaux sont tirés pour cause de chaleur et que la lumière est faible. Le flash se déclenche automatiquement et n'est pas très discret. Il vous faudra, hélas,  vous contenter de mon récit.

C’est un bus d’un étage. Les passagers sont assis au dessus d’une énorme soute à bagage. Imaginez l’intérieur, tout est brinquebalant rafistolé de ci de là avec des ficelles ou du chatterton, Le compteur ne note pourtant que 415.000 km, mais il ne va pas au-delà de 999.999. A mon avis, il est au moins de  1.415.000 (peut-être plus !): ceci explique sans doute cela. Les sièges sont un peu défoncés mais c’est tout de même mieux que lorsqu’on est debout. Car ce bus est un "bateau", enfin je veux dire qu’il est fortement sensible à la route, basculant de droite à gauche et de gauche à droite, comme un bateau. Plus prosaïquement, je pense que ses suspensions sont quasi nulles. Enfin, je n’ai pas les compétences d’un garagiste et c’est seulement mon impression.

En tout cas, il vaut mieux ne pas se focaliser sur ce roulis ou c’est la vidange stomacale assurée. Pour nous distraire, nous pouvons essayer d’éviter l’eau qui s’échappe de l’air conditionné, elle suit pendant un instant les racks au dessus de nos têtes, et se décide - allez savoir pourquoi - tout d’un coup à se laisser tomber sur l’un ou l’autre de façon aléatoire. C’est un peu rigolo la première fois, cela le devient un peu moins par la suite et dès qu’une place se libère c’est à qui sera le premier à se précipiter après s’être assuré que la place est garantie hors d’eau ... ce qui n'a rien d'évident !

Peu de temps après mon départ, je peux m’asseoir sur un « bon » siège, que je ne garderai pas longtemps car un jeune homme handicapé d’une jambe monte à cloche pied dans le bus et il ne m’est pas possible de rester assis et lui debout dans la travée. Il accepte mais me salue tellement avec force courbettes à la Thaïe qu’il manque pour la peine de s’étaler tout net à mes pieds. Nous évitons le pire et le voici maintenant installé, alors que j'essaye de suivre le roulis....

Un peu plus tard, un autre siège se libère  et je m’installe lorsqu’un peu plus loin, un papa monte, un bras pris dans une immense écharpe, portant dans l’autre, avec difficulté, son très jeune fils. Et je cède encore une fois ma place !....

Tous les Thaïs assis autour de moi, me font de grands sourires, l’air de dire : c’est bien, mais pas un ne bouge pour donner son siège…….

En arrivant à Ban Chang, quelqu’un me tape sur l’épaule. Je me retourne et regarde avec surprise un vieux Bonze qui me dit « Camillian – Good » en mettant le pouce de sa main droite en hauteur, ce que j’interpréte comme un compliment. Je le salue alors à la Thaï, avec respect. Il me rend un salut accompagné d’un immense sourire et descend du bus.

Intrigué, je réfléchis car il me semble connaître ce visage. Bon sang, mais c’est bien sûr ! C’était l’un des Bonzes lors de la crémation de Jak. Nous ne sommes pas très loin du temple de Mathaphut.

A la mission, je retrouve mes habitués à qui j’annonce que je reviendrai samedi car la semaine prochaine : « cap ban » c'est-à-dire, je rentre à la maison. Pour mon prochain retour, les demandes de cadeaux venant de Paris se multiplient. Il n’est point certain que je puisse tous les satisfaire ! Je ne sais encore comment je vais m’organiser. ..

Alors que je suis en visite dans une des salles de soins palliatifs, après ma distribution de boissons, on m’appelle car un bus vient d’avoir un accident devant la mission. C’est en tout cas ce que je comprends

Bus1 D’ailleurs, ce n’est pas vraiment un accident, mais plutôt la grande maladresse d’un chauffeur qui n’a pas vu où il « mettait ses roues » et qui vient de coincer son car entre la route et l’entrée de la mission. Pour être coincé, il ne pouvait pas faire mieux !
Bus2
En approchant, nous trouvons le chauffeur accroupi sur ses talons, comme le font les Thaïs lorsqu’ils sont fatigués ou qu’ils attendent.

Ce bus avec un étage est très bas par rapport à la chaussée. Le chauffeur n’a pas évalué le dénivelé entre la chaussée et l’entrée. Il s’est engagé, mais vraisemblablement, n’a pas stoppé lorsque le dessous du bus a une première fois « raclé » le bitume. En continuant, et en remontant le dénivelé vers l’entrée, l’arrière du bus s’est posé sur la chaussée et les roues motrices (arrière), n’ont plus eu suffisamment de portance. Ainsi, plus moyen d’avancer, impossible de reculer. Ce très beau bus et sans doute très cher est en fâcheuse posture…..

Il venait récupérer les stagiaires d’une session de prévention (SIDA) car la mission organise aussi pour toute la région des formations de ce type.

Nous essayons, en tout cas les plus valides, de pousser le bus vers l’arrière lorsque le chauffeur accélère, mais les roues tournent dans le vide ou presque. Une belle odeur de caoutchouc sature nos narines. Sans grande surprise, nous n’arrivons pas à faire bouger ce mastodonte d’un pouce !

Je propose de mettre des planches sous les roues et peut-être alors…. L’idée aurait pu paraître logique, ce fût un bide complet.

Le chauffeur, quant à lui, est soit au volant accélérant comme un fou, soit accroupi sur le côté du véhicule. Pour ma part, n’ayant pas d’autres solutions à apporter, je me retire du groupe, en me disant qu’il s’agit là d’une histoire Thaï-Thaï.

Un peu plus tard, après avoir revu les uns et les autres, je retourne un peu plus longuement avec ce jeune Thaïlandais arrivé de Bangkok, voir l'article :         Patient Attentionné Souriant.

Il est maintenant dans la salle des malades les plus en difficultés, car il a totalement perdu totalement l’usage de son bras et sa main gauche, la jambe gauche est très faible mais le porte encore péniblement. Voici encore, une situation bien triste qui n’est pas partie pour s’arranger.

En quittant la mission, le bus coincé est toujours à la même place. Le contraire m’aurait étonné !

Un tractopelle (à droite sur la photo) vient d’arriver. Je n'ose pas l’imaginer essayant de lever le car avec sa pelle (bonjour les dégâts !)

Bus3
Sans doute finiront-ils par tirer le bus sur la route avec cet engin ?

Le responsable de la société de transport ne va pas être très content de l'exploit de son employé, à moins ....que toute cette histoire ne lui soit pas divulguée ! 

Lundi 16 juin 2008.

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