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Le billet de Michel

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Publié le par Michel
Publié dans : #Thaïlande-Camillian

La dernière journée à CAMILLIAN la mission est toujours émouvante, saluer certains en sachant que, sans doute, ils ne seront plus là lorsque je reviendrai, les serrer un peu plus fort sur ma poitrine, en voulant insuffler du courage sans montrer aucune tristesse.

Aujourd’hui, samedi 21 juin, ce sera ma dernière visite pour ce séjour puisque je rentre en France mercredi 25.

Parti de l’hôtel très tôt – vers 8 heures – je passe une longue journée avec les malades et les enfants présents. Dés l’entrée à la mission, petit Moss (3 ans 1/2) me fait de grands signes d’affection. Une petite fille (environ 7-8 ans) lui coupe les ongles. En m’approchant, je suis un peu triste car je constate qu’il n’est pas très bien depuis quelques semaines. Cependant les soignants restent optimistes. Alors !.. Espérons pour ce petit bout de chou !

Avec chacun, je m’attarde un peu plus longuement, comme si je voulais compenser ma prochaine absence. C’est un peu stupide, je vous l’accorde.

Vous vous souvenez du garçon de Bangkok, arrivé peu de temps avant ma première visite le mois dernier. Il a entre 25 et 30 ans. Lorsque je rentre dans la salle de soins palliatifs où il se trouve maintenant, il me fait un geste avec sa main droite après avoir lâché sa main gauche, inerte. Je vais vers lui en premier – je reviendrai un peu plus tard vers les autres malades – et, surprise, il me dit en anglais : «My name is Tii, I love you Mitchel, my old wife waitting me at home - Mon nom est Tii - Je t'aime Mitchel - Ma vieille femme m'attend à la maison»

Les aides soignants éclatent de rire. Ce sont donc eux, les bougres, à l’origine de l’apprentissage d’anglais car Tii ne parlait pas un seul mot étranger lundi dernier. Bien sur, je ris de bon cœur également pendant que Tii, heureux de son effet, répète, tel un perroquet les mêmes paroles plusieurs fois. Mais enfin me dis-je, « je t’aime Mitchel, ça c’est sympa… mais la vieille femme l’attendant à la maison ? » Elle ne doit pas être si vieille tout de même étant donné son âge à lui. Les professeurs d’anglais improvisés ont dû penser que « vieille » était plus amusant que ma femme tout court !... Ils ne se sont pas totalement trompés d’ailleurs.

Quelques instants de rires dans un contexte peu favorable, puisque cette salle contient neuf  lits, dont plusieurs occupants s’acheminent vers la fin de leur vie !...

Plusieurs malades ont pris l’habitude de m’ouvrir grand leurs bras lorsque j’arrive vers eux. A cette marque d’affection, je me plie bien naturellement et ne me force aucunement pour les serrer contre ma poitrine et mon cœur. Il en est de même pour plusieurs aides-soignants, qu’ils soient homme ou femme, jeunes ou moins jeunes.

Lors de ma distribution de boisson, j’ai encore l’occasion de gestes affectueux envers ceux qui ne peuvent ouvrir les canettes, qui ne peuvent s’asseoir seul dans leur lit ou ne peuvent pas boire seul !

Pendant le déjeuner des malades, les enfants sortent de la chapelle où ils répétaient des chants. Peter me voit et s’agite, ce qui n’a rien de rare. M’approchant vers eux, Rad le petit aveugle reconnait ma voix, s’approche vers moi et à ma demande en thaï « Ouani, sabaï dii maï – aujourd’hui, tu vas bien ? » il me répond en anglais : « I’m fine, thank you – je vais bien merci ». Ces mômes me surprendront toujours !...

Peter veut que je le prenne dans mes bras, Rad s’accroche à moi, un autre enfant veut aussi être dans mes bras. Je m’accroupis donc entouré par les enfants, d’autres arrivent encore, et… je me retrouve sur les fesses par terre. Evidemment, tous éclatent de rire. Ce n’est pas tous les jours qu’un farang se trouve les quatre fers en l’air devant la chapelle et cela ne peut que réjouir ces petits.

Il est difficile de décrire l’émotion qui m’envahit au milieu de tous ces malades et orphelins. En les laissant jouer entre eux, mes pas me conduisent vers le « bistrot » où j’achète 40 glaces que je remets à la cuisine pour leur offrir en fin de repas, tout à l'heure. Ce sera aujourd’hui jour de fête avec un second dessert. Les adolescents viennent prendre leurs repas le dimanche. Les autres jours, ils vivent dans un espace indépendant. Ils ne sont donc pas là aujourd’hui.

Avant que la cloche ne retentisse pour annoncer le déjeuner des enfants et du staff, les aides-soignants me disent qu’ils souhaiteraient partager leur repas avec moi, séparé du staff de la mission, dehors sous le préau. L’un d’entre eux, Tong, est parti à la ville chercher les mets qui seront typiquement Thaïlandais. Ils veulent que nous restions, seuls, ensemble, car je pars en France bientôt. Que puis-je dire, devant cette gentillesse ? … Oui bien sûr !

Nous attendons un peu plus d’une heure le retour de Tong. Certains commencent à avoir très faim. Il faut savoir qu’un Thaïlandais ne supporte pas de ne pas manger lorsqu’il a faim, quelle que soit l’heure. Ceci est bien facile car il y a partout dans les rues des carrioles ou des échoppes pour se restaurer jour et nuit.

Enfin, voici la voiture et les plats, chacun se précipite et étale les sacs plastique contenant, riz gluant, brochettes, poissons, papaya salade et bien d’autres aliments dont je ne connais pas les noms.


Je voulais prendre une photo de tous, mais c’est chose impossible, ils ont trop faim, et chacun ne pense plus qu’à se restaurer. Pour ma part, je me suis régalé mais en évitant tous les plats épicés qui m’auraient fait voir le ciel à travers le plafond du préau !!!..


Bien plus tard, après avoir passé quelques instants avec les uns et les autres, je dis un dernier au-revoir et prends le chemin de retour.

Mon prochain séjour en Thaïlande est programmé entre  
mi-septembre à mi-novembre 2008.

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reymond 23/06/2008 08:27

tres bel article
merci michel

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