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Le billet de Michel

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Publié le par Michel
Publié dans : #Thaïlande-Camillian

Ce soir je suis triste. La semaine dernière, lors de ma visite à Camillian, prés de Rayong en Thaïlande, j’avais remarqué deux  jeunes filles dans la salle de soins palliatifs. Aujourd’hui, je suis resté plus longtemps. J’ai pu parler avec plusieurs aides-soignants sur les conditions des uns et des autres.

D’abord, l’une des jeunes filles est âgée de 17 ans et demi. Evidemment, pour être en soins palliatifs, la maladie est déjà avancée.
Ce matin, elle ne voulait pas accepter ma boisson, puis avec quelques mots de réconfort, quelques gestes chaleureux, elle a accepté. Mais cet après midi, avant de partir, je l’ai trouvée assise sur le petit mur en face des chambres, en pleurs !...

Un frère Camillian est allé chercher Laa (aveugle) qui a pris dans ses bras cette jeune fille, et lui a parlé lentement. Laa connait bien la situation puisqu’elle est passée – elle aussi – par cette phase, (des semaines entières à pleurer) puis elle a eu envie de se battre et de s’occuper des autres.

J’ai demandé au Frère quelle était la situation de cette (trop) jeune fille. Triste et tellement banal : un petit copain alors qu’elle avait 16 ans, elle a cru à l’Amour (avec un grand A) et à la sincérité, s’est laissé convaincre de coucher, sans précaution et…. Le copain, malade lui a refilé le virus du Sida. La maladie chez elle a évoluée très vite …

Devant ce désarroi, j’aurai voulu faire quelque chose, mais c’était impossible. Et je reste, ce soir, avec ce petit bout de femme avec sa vie gachée, en pleurs, dans ma mémoire. Voici quatre heures que je suis revenu, et je n’arrive pas à l’oublier. Mon dieu, que la vie est moche et trop dure pour certains !
Autre tristesse à la Mission, aujourd’hui, j’ai vu plusieurs enfants dont quelques uns m’ont reconnu, et après une légère hésitation, se sont précipités vers moi.
Mais je n’ai pas vu mon petit Rad, ce jeune garçon aveugle dont je vous ai souvent parlé, ni Peter.... le petit frippon.

M’inquiétant de leur sort, j’ai appris qu’ils avaient été conduits, avec un troisième enfant, Jack, dans un nouvel espace, près de l’aéroport de Bangkok, à Lat Krabang.

Là-bas, Camillian a ouvert un établissement for Disabled Chilren en anglais. Je  traduis cette appellation par « Enfants Handicapés ». Est-ce la bonne traduction ?    Il est vrai que l’un est aveugle, et l’autre est légèrement attardé. Le troisième, est également un peu en retard.
Le Père Giovanni me disait qu’il avait toutes les peines du monde pour trouver des éducateurs, pour ce nouvel ensemble. Sans doute, ferai-je un saut pour rendre visite à ces enfants qui s’étaient habitués à moi, mais c’est beaucoup plus loin que la Mission.

Je partage quelques instants avec le plus jeune pensionnaire: Noy moins de deux ans, et Moss un peu plus de trois ans.
Depuis mon dernier retour en France, plusieurs des garçons ou filles que je connaissais depuis des mois ont quitté ce monde. C’est le cas de ce garçon : vous vous souvenez, "Michel, I love you, ma vieille femme m’attend à la maison".

Des nouveaux les ont remplacés, et quelques uns sont -déjà - en phase finale. L’un d’entre eux, ce matin, n’a pu me parler tant il était angoissé. Heureusement, sa famille est venue et a passé un moment auprès de lui. Tous étaient extrêmement bouleversés.

Un aide-soignant que j’aime beaucoup, n’est pas en bonne forme. Je lui ai fait promettre de s’accrocher et de se convaincre que tout irait pour le mieux. Bien maigre consolation, car il sait mieux que moi combien cette maladie ne fait pas de cadeau !

Deux amis m’ont accompagné avec leur voiture à Camillian. J’ai ainsi échappé au traditionnel bus Bangkok-Rayong. Ils étaient déjà venus une fois précédemment, ils sont également restés pour le déjeuner avec le staff de la mission et les enfants présents, que nous avons pris dans la grande salle de réfectoire.

Tout de même une surprise agréable. Heureusement que tout n’est pas triste.

En entrant dans la cour de la mission ce matin, quelqu’un court vers moi, et me serre dans ses bras. Je devrais dire dans ses immenses bras, car il est très grand, environ 1 m 95. C’est un volontaire Canadien que j'ai croisé plusieurs fois au centre, où il a effectué plusieurs séjours ces dernières années. Il vient de revenir et songe rester ici - peut-être - deux ans. Il a 31 ans. Nous étions, l’un et l’autre, très content de nous retrouver.

 

Il y a des gens formidables tout de même.

Ces lignes, que je vais publier sur le blog à votre intention, en les partageant, vont me faire le plus grand bien, comme  toujours !

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