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Le billet de Michel

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Publié le par Michel
Publié dans : #Thaïlande-Camillian

Mardi 21 octobre, sans un regard pour les taxis-motos près de Hanuman (et celui qui m’a bousculé la semaine dernière) je continue vers une autre station. Une seule moto est en attente de client. C’est bon pour moi, sauf que, le garçon retire un clou de son pneu. Il me dit « pas de problème » OK. Il veut bien rouler quand même. Non dis-je, à deux ce n’est pas possible. Nous attendons une autre moto qui ne tarde pas et me voila en route pour l’arrêt de bus et CAMILLIAN .

Le trajet se déroule sans problème, et nous arrivons tôt à la fondation où je retrouve les malades, dont le SIDA progresse vite, dans leur lit et ceux un peu moins fatigués, sous le préau, regardant la télévision. 

Avec une attention particulière pour certains, je passe auprès de chacun, dans les salles de doins palliatifs et dans les autres chambres. Ma visite prend du temps car il est important, malgré la difficulté de communication, de s’attarder un peu et d’essayer de faire apparaître un sourire sur un visage triste.

Plusieurs malades sont d’une maigreur incroyable, et l’un d’entre eux, qui n’avait pas pu (ou pas voulu) me parler lors de ma première visite pour ce séjour, sourit en me voyant. Il est maintenant habitué. Il est bien difficile de demander comment ça va à quelqu’un dont l’avenir est bien sombre, cloué dans son lit !  Heureusement, serrer une main, caresser un bras ou une jambe, accompagnée d’un regard affectueux en disent plus qu’un beau discours.

Voici quelques semaines, le plus ancien malade de Camillian a quitté ce monde. Il est resté dix ans dans ce centre. Pour ma part, depuis deux ans, je l’ai toujours vu dans un lit. Maintenant sa photo est là, dans cette salle, pour donner sans doute un peu d’espoir à ceux qui le perdrait.

En salle de gymnastique, Somsak aide un malade à faire des exercices de marche. C’est un cruel problème, ici en Thaïlande, pour nombre de  Sidéens (en tout cas, ceux que je vois dans ce centre) car trop souvent ils perdent l’usage d’une ou des jambes. Il en est de même pour les mains et les bras. Problème neurologique ??

En passant et repassant de l’un à l’autre, ils me font comprendre… qu’ils ont soifs !... Et alors, est-ce que je changerais mes habitudes ? Mais la cafétéria est fermée. Jojo, son responsable est absent. A ma demande, - quand reviendra t-il ? On me dit : – plus tard … Et oui, le temps ici est relatif.

Le volontaire Canadien (d’origine Pakistanaise) est présent ce matin. Il est affecté actuellement au Jardin d'Eden  où se trouvent 40 personnes : 32 adultes et 8 enfants. Les enfants dans cette structure ne sont pas HIV positifs, et certains peuvent y vivre avec leurs parents, malades. Nous dégustons ensemble une portion de mangue et de riz gluant: délicieux ! 

C’est l’heure du repas pour les malades et ils attendent toujours mes boissons, mais point de Jojo à l’horizon, je ne peux tout de même pas faire un casse !  Je les rassure en faisant traduire que j’attendrai  son retour et qu’ils auront le cadeau plus tard.

A 12 heures, je déjeune avec le staff et une cinquantaine d’enfants. Je suppose que ce doit être un jour de vacances. Il ne manque que les adolescents qui sont dans une autre structure avec un éducateur. Et voici que jojo arrive, me voit et me fait un grand sourire. Par geste, j’indique « tout à l’heure, les boissons ».

Le déjeuner est terminé, nous prenons, un Anglais (volontaire, depuis des années au centre) et moi, un café à l’extérieur, lorsque petit Moss s’approche et veut que je le prenne dans les bras, ce que je fais. Puis un autre garçon, environ 9/10 ans, vient se lover contre mon bras et me jette un regard de tendresse. Il est rejoint par une petite fille qui se met contre l'autre bras. Petite séquence d'émotions !

Je ris et leur demande en anglais, ce qu’il désire. Evidemment, il ne comprenne pas, mais les yeux se dirigent vers le meuble frigorifique dans lequel sont stockées les glaces. Les yeux vont des glaces à mes yeux et de mes yeux aux glaces. Il faudrait être stupide ou aveugle pour ne pas comprendre. Et lorsque je dis : - Ice Cream, ils sautent de plaisir et courent vers le congélateur. Sans que rien n’ait été dit, je vois alors arrivé à la course tous les autres gamins. Oh là là, c’est le bazar et Jojo n’est pas content.

Une éducatrice fait mettre tout ce petit monde en file indienne, dit de remercier le farang (prononcez Falang) – c’est moi, et commence la distribution, un à un, pendant que Jojo note le nombre sur son carnet (la facture – pour moi aussi !).

Franchement, le plaisir de voir ces enfants devant ce modeste présent, est un bonheur ! 

Vient ensuite le tour des boissons. Coco, mon fidèle accompagnateur n’est pas très pressé de m’aider aujourd’hui. Et ce sont les femmes de la buanderie qui vont prendre à deux un côté du panier, moi l’autre côté. Il est vrai que 70 canettes pèsent son poids.

Cette distribution les amusent beaucoup, et l’une d’elles, plus délurée crie avant notre arrivée, comme si nous étions sur un marché. Moi, je souris, comme les malades qui – enfin – reçoivent cette boisson, bien longue à arriver. Il faudra du reste retourner acheter 10 canettes supplémentaires.

Bonne journée pour la cafétéria :
80 boissons + 50 glaces = 130 cadeaux.
Jojo va devoir recharger les stocks.

Le ciel, comme tous les jours depuis une semaine, se charge rapidement de noir, le tonnerre gronde au loin et les éclairs sont de plus en plus nombreux. Il ne pleut pas encore mais cela ne saurait tarder.

Ne voulant pas attendre au bord de la route sous la pluie, je précipite un peu mon départ, salue rapidement tout le monde, leur dit : - Attit Na (A la semaine prochaine) et je cours pour traverser la route et attendre un taxi collectif ou un bus.

Par chance, moins de cinq minutes plus tard, un bus arrive et … s’arrête. Me voici à l’abri, la pluie peut tomber. C’est ce qui arrive quelques kilomètres plus loin. L'averse tropicale génère des inondations incroyables. Par moments, le bus doit rouler au pas.
Les essuie-glaces ne peuvent évacuer la quantité d’eau qui tombe.


Pour nous faire prendre notre mal en patience, un DVD transmet un film d’action sur la télévision et hurle dans les hauts parleurs, mais ne couvre pas toujours le tonnerre lorsqu’il est à proximité.
Lorsque le film est terminé, nous avons droit à un DVD de Karaoké thailandais.

Petits et grands connaissent les paroles par cœur. Nous pourrions nous croire dans une chorale en balade. Ma foi, c’est assez sympathique !

Le caissier du bus passe plusieurs fois, et il me semble le connaître, mais je ne me souviens pas. Jusqu’au moment où j’entends un grand cri, je me retourne pour voir deux femmes qui viennent de prendre une douche dans le bus. Voila ça y est, c’est ce qui m’est déjà arrivé. Et bien le bus fuit toujours, mais ici je crois que la climatisation n’y est pour rien, ce doit être un surplus d’eau de pluie. Après le cri, les femmes rigolent, et changent de place. Le caissier vient voir et apporte un chiffon crasseux pour nettoyer les sièges. Je me prends à rêver d’une telle situation dans le train, le RER ou un bus parisien……

Le temps s’éternise car nous n’allons pas vite. Nous ne sommes plus très loin de Pattaya. C’est le moment que je "choisis"  pour m’endormir. Et le bus continue, passe devant le Lotus et poursuit sa route vers Bangkok. A un moment, j’ouvre un œil alors que nous dépassons une autre grande surface BIG C. J’ai loupé mon arrêt et il pleut encore plus fort maintenant. A ma demande, le bus m’arrête un peu plus loin. Je descends et court me mettre à l’abri d’un auvent où je resterai plus d’une demi-heure. Puisque je suis là, j’en profite pour faire quelques achats de papeterie et d’encre pour mon imprimante à Office dépôts (le même qu’en France) et prends un taxi (voiture) pour rentrer à l’hôtel.

Voilà une longue journée bien chargée. Je reviens fatigué, mais heureux tout de même de mon passage et mes cadeaux à Camillian.

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