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Le billet de Michel

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Publié le par Michel
Publié dans : #Thaïlande-Camillian

Comment définir aujourd’hui mes sentiments ? Tout d’abord, la situation actuelle me frustre. (Je ne suis pas certain d’utiliser le bon terme.

A la lecture de ce début de texte, vous allez dire : Que se passe t-il pour Michel en Asie ?  Qu’est ce qui ne va pas ? Aurait-il des problèmes ?

Ne soyez pas inquiet, c’est un coup de blues que je m’en vais vous expliquer.

En général, lorsque fin décembre, début janvier, je reprends mes comptes personnels de l’année écoulée et mes prévisions de dépenses pour l’année qui arrive, je suis déprimé. La raison essentielle – presque toujours la même – est que je n’ai pas respecté mes propres engagements. Pour régulariser les débits,  je « siphonne » quelques économies réalisées lorsque je travaillais. Ces épargnes ont pris un sérieux coup dans l’aile récemment.
Rassurez-vous, cela n’a rien à voir avec la crise financière mondiale, ni avec le célèbre Madoff, l’arnaqueur américain aux 50 milliards de dollars (méthode PONZI).

Non, c’est plus simple et un peu stupide, puisque je me suis créé moi-même ma crise financière !  On n’est jamais mieux servi que par soi même, non ?

D’une part, les ressources sont bien moins importantes à la retraite, alors que la plupart des charges continuent à évoluer. D’autre part, je reçois 100, je dépense 150 (parfois plus - pour les autres - mais oui !... Est-il bête !).  Moins de ressources, plus de dépenses : voila une équation détonante, qui va me « péter à la figure » si je ne coupe pas la mèche rapidement !

Cette situation ne m’était pas inconnue. Mais l’autruche qui sommeille en moi, m’a susurré à l’oreille : « Oublie – Continue tes « œuvres » - Tu trouveras une solution plus tard ! »

Plus tard, c’est aujourd’hui et il est impossible de continuer 2009 comme 2008 et 2007.

Entendons-nous bien, cet article ne veut pas faire pleurer Margot dans les chaumières (elle a tellement de soucis la pauv’Margot avec la situation actuelle !).

Eteindre ou couper la mèche, cela veut dire «resserrer les boulons immédiatement» et pratiquement partout. Comme certains postes de charges fixes ne dépendent pas de ma volonté, il ne me reste qu’une demi-douzaine de postes « variables » à compresser. Depuis deux ans, le poste le plus important (montants totalement disproportionnés en regard des ressources) est celui des : Cadeaux – Dons – Soutien aux malades du Sida en Thaïlande, et d’une manière plus générale ….envers tous ceux qui viennent pleurer dans mon giron…..

Me voici devant un cruel dilemme ! … Il ne m’est plus possible, et ce ne serait pas raisonnable, de continuer autant de visites à l’identique de ces deux dernières années, tel un Père Noël multi-saison !  Et comment retourner à Camillian « la hotte vide » ?....

Les malades m'ont toujours reçu, à chaque visite, avec chaleur et plaisir . Je ne doute pas de la sincérité de cet accueil, mais n’est-il pas quelque peu indexé aux cadeaux, dons et boissons qui sont devenus, d’une certaine manière,  un dû, au fil du temps !

Ma seule présence – alors que la communication est difficile à cause de notre langage – n’est rien si le présent est absent. C’est grâce à ce geste que le contact se nouait et que, pendant quelques instants, ces malades "s'évadaient" de leur quotidien.

La décision la plus raisonnable est de cesser mes visites personnelles auprès des malades pour n’effectuer qu’une ou deux fois l’an un déplacement afin de remettre quelques subsides (en fonction de mes possibilités) directement à la mission. C'est-à-dire inverser les choses: au lieu de donner et régulariser ensuite, je donne après avoir terminé mes comptes en fonction de mes disponibilités. Pour être plus précis, je sais que je flancherai si je ne prends pas une décision drastique. Je suis beaucoup trop faible devant la misère et la maladie, j’ai toujours envie de donner plus à ces malades, pour compenser leur malheur !

A la lecture, je vous entends penser : Pourquoi ne crée-t-il pas une association fédérant ainsi des fonds ? Je n’en ai pas le courage en ce moment, car au cours de ma vie, j’ai déjà « donné ». Il m’a fallut, parfois, gérer des situations fort complexes. Du reste, certaines associations apportent déjà leur soutien à Camillian.
Ma prestation était originale et s’adressait directement aux malades, mais j’en vois les limites aujourd’hui.

Si vous pouvez ou souhaitez aider Camillian dans son action pour les malades du Sida en Thaïlande, vous pouvez consulter le lien de l' Orphelinat de RAYONG

Pour ma part, ces nombreuses visites furent une expérience unique à jamais imprégnée dans ma mémoire. J’ai côtoyé et vécu des situations terribles, mais j’ai vu également beaucoup d’Amour, de joie, de bonheur. Malgré tous les décès survenus, dont certains m’ont terriblement ému, grâce au personnel d’accompagnement et aux bénévoles, je veux être confiant envers l’humain (en tout cas certains d’entre eux).

Cette action dure depuis deux ans et demi. Je vais me retirer sur la pointe des pieds. Ce n’est pas une décision facile à prendre, mais il me faut savoir raison garder, et faire les choses en fonction de mes moyens.

Mon lien avec Camillian ne sera pas coupé, il sera vraisemblablement modifié. Il est nécessaire que je prenne un peu de recul maintenant.

A vous tous, qui m’avait soutenu et lu depuis si longtemps, je veux vous dire un grand et sincère MERCI.

Mon Blog va continuer avec d’autres histoires et d’autres aventures. J’espère vous y retrouver régulièrement….

Et, qui sait, n’y aura-t-il pas – demain - d’autres choses à faire pour Camillian et les malades du Sida ?....

 

 « Ce que j’étais hier, je le serai demain » a dit  Monsieur VICTOR HUGO.

 

Michel.

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