Partager l'article ! Le Montespan: Relecture / le même plaisir. Lors d’un duel, le Marquis d’Antin, frère du marquis de Montespan est tué. Noirmoutier se s ...
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En France et
en Thaïlande.
Réalité de la vie et rêves de voyages
Relecture / le même plaisir.
Le couple s’installe dans un petit appartement à Paris. C’est le bonheur, ils sortent beaucoup, passent les nuits dans les maisons de jeux du marais et perdent beaucoup d’écus à la bassette et au
trou madame. La famille de Montespan est issue de noblesse d’épée, et sa famille est peu parée à la cour, car autrefois, les Pardaillan de Gondrin ont un peu frondé, et le roi le fait encore
payer. Or, à cette époque, on est vu ou on n’est rien. Peu d’argent et beaucoup de dettes, cela ne peut durer et le marquis décide de se renflouer, en empruntant et s’endettant encore pour créer
une compagnie de piquiers dont il sera le capitaine au service du Roi. L’Aristocrate qui achète une charge militaire doit aussi financer sur ses deniers la compagnie. Mais la gloire dans les
combats permettra d’amnistier les fautes de sa famille auprès de Sa Majesté, en espérant qu’elle accompagne cela de quelques largesses financières. Il part donc en Lorraine pour la ville de
Marsal. En ce 2 septembre 1663, le marquis s’apprête à livrer bataille. Mais la ville capitule car le Roi arrive en personne, avec une armée impressionnante, et sans coup de feu, obtient une
reddition. Les fusiliers de Montespan tirent en l’air pour marquer leur joie. Seul Louis-Henri fait la gueule car cette histoire n’arrange pas ses affaires. Il est encore plus endetté et reste
toujours invisible du Roi, ce qui revient à ne pas exister.
Enfin, il retrouve son épouse, ça c’est le bonheur et bonjour les galipettes…ils sortent beaucoup, passent les nuits dans les maisons de jeux du marais et …perdent naturellement beaucoup trop.
Les créanciers sont à la porte… et Louis-Henri de Montespan décide donc de repartir à la guerre, pour se refaire. Ce sera en Afrique du Nord, et là c’est certain, tout va bien se passer, il en
reviendra fortune faîte. Après trois mois d’occupation de Gigeri, l’armée de Sa Majesté est rejetée à la mer. Un long et douloureux voyage pour rentrer en France sans que son nom ait trouvé la
moindre illustration dans cette guerre. Et les dettes courent toujours.
Mais lorsqu’il retrouve son épouse, c’est bouche bée qu’il regarde son ventre arrondi. Ils avaient déjà une fille, un garçon arrive. Madame de Montespan ne va pas bien. Elle n’est pas une bonne
mère. Ses enfants l’ennuient. Il faut donc sortir et se distraire. En route pour l’hôtel de Montausier dans le marais. Dans ce salon, Monsieur de Montespan ne reconnait plus son épouse : humour
féroce, mots d’esprit, mots coquins, persiflages pour les uns et les autres, mais elle est si belle, si drôle, et … il l’aime tant !
Peu après, elle devient Dame d’honneur de la reine de France. Le Roi commence à délaisser sa maitresse Melle de La Vallière et assiste tout les soirs (fait exceptionnel) au coucher de la reine où
Madame de Montespan donne sa chronique du jour en brocardant les courtisans. Déjà, elle reçoit quelques cadeaux de la part du Roi.
– Pourquoi demande son mari ?
– Parce qu’il m’apprécie répond-elle…Sais-tu que le Roi t’apprécie aussi Louis-Henri ?
– Qui moi ?
– Oui toi, le Roi ordonne la prise en charge de l’argent qui te manque pour ta compagnie de chevau-légers et de miquelets.
Le gascon n’en revient pas !
Notre marquis prépare la future campagne pour la guerre de Dévolution contre l’Espagne, en trainant son ennui loin de sa femme en « orbite » autour du Roi Soleil. Une fois encore, les soldats
français paient un lourd tribu à la guerre. Ils sont décimés, Montespan est blessé. Après une halte dans son château de Bonnefont, en arrivant à Paris, il retrouve son épouse, grosse une nouvelle
fois. Oui, mais voilà onze mois qu’il est parti et cette grossesse avancée ne doit rien aux œuvres du mari. On ne peut rien refuser à Sa Majesté lui dit la marquise. Les cornes poussent sur la
tête du marquis.
La jalousie l’emporte. Il ne peut accepter. Il est fou de douleur, multiplie les « imbécilités », terrorise les courtisans, veut récupérer sa femme et devient la risée de la cour. Son infortune
est racontée en chansons dans les cabarets et dans les rues de Paris. Il s’en fout, il veut sa femme. Et puisqu’il est cocu, il va le montrer en allant le 20 septembre 1668, narguer le Roi à la
cour de Saint Germain en Laye. Sa berline de voyage vert pomme a été repeinte en noir, les quatre plumets aux angles du toit sont remplacés par de gigantesques ramures de cerf. Un grand voile de
crêpe enveloppe tout le carrosse, lui donnant une apparence funèbre, et les chevaux noirs sont parés comme pour un enterrement en grande pompe. Au dessin de ses armes sur les portières, le
marquis a fait rajouter des cornes.
Les gardes impressionnés laissent passer le carrosse cornu qui vient se garer au centre de la cour Pavée. Le marquis en descend revêtu des vêtements de grand deuil, traverse les salons et attend
que le monarque sorte de son Conseil.
Le Roi, l’appercevant, dit alors :
- Pourquoi tout ce noir, monsieur ?
- Sire, je porte le deuil de mon amour.
- Le deuil de votre amour ?
- Oui Sire, il est mort pour moi. Une canaille l’a tué.
Le marquis ayant dit, s’incline en une révérence arrogante et devant les courtisans, il brise son épée à la face du tyran pour ne plus le servir. Puis il tourne le dos au roi avec la
plus grande désinvolture. Pareille conduite est inimaginable ! Le Roi ne dit rien et ce silence déclare assez la qualité du crime commis, puis il déclare : - Eh bien quoi, je baise sa femme ! Que
pourrais-je faire de plus pour lui ? Tout le monde autour rit, forcément d’accord. Il en est tant, qui donnerait femme, mère, fille, au choix … pour en récolter les … « dividendes ».
Le carrosse cornu est vite rattrapé par les argousins du Roi qui le conduise à la prison insalubre du quai de la Mégisserie, surnommée Vallée de la Misère, le voici enfermé avec ….l’accoucheur de
sa femme….. Quelques temps plus tard, il en sort sur ordre du Roi. Vingt quatre heures lui sont données pour sortir de Paris et rejoindre ses terres en Gascogne.
Voilé de crêpe noir, le carrosse a donc repris du service et la France étonnée voit passer sur l’interminable route le disgracié en chemin pour ses Pyrénées natales. Dans ses terres, Louis-Henri
organise des funérailles, auxquelles il invite les seigneurs locaux et les villageois. Une messe est célébrée autour d’un cercueil (vide), qui traverse le village, dans le carrosse du cocu, les
chevaux noirs sont coiffés de cornes de cerf. Sur une petite colline où le cercueil est enterré, Montespan plante une croix en bois portant l’inscription: 1663-1667.
Il vient d’enterrer son amour.
Cependant il n’oublie pas sa femme. Il refuse des sommes colossales proposées par le Roi, le rachat de ses dettes, des titres, car il ne veut devoir à la canaille qui a tué son amour, fut-elle Sa
Majesté !
Pendant ce temps, Mme de Montespan devient
l’incontestable reine de France, elle a poussé La Vallières aux Carmélites. Elle possède un appartement de vingt pièces au 1er étage après la salle du Conseil du Roi, alors que la reine se
contente de onze pièces au second. Elle réclame qu’on là fasse haranguer partout où elle passe. Neuf enfants naissent, dont la plupart meurent très vite, d’autres sont anormaux. Elle présente au
Roi la veuve de Paul Scarron, qu’elle fait
nommer Grande Intendante des bâtards royaux.
Pourchassé une fois encore par la police du Roi, le marquis de Montespan part quelques temps en Espagne. Plus tard, il revient à Paris et réalise encore quelques prouesses excentriques tant il ne
peut oublier son épouse… Il meurt en 1691.
La roue tourne et la marquise de Montespan est remplacée en qualité de favorite la veuve de Paul Scarron : Madame de Maintenon, surnommée à la cour : Madame de Maintenant.
La Marquise de Montespan termine sa vie au couvent où elle meurt le 27 mai 1707.
Le Montespan
Jean Teulé
Roman - Julliard
ISBN 9 782260 017233
Existe également en Livre de poche.
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