Partager l'article ! Ma visite aux malades du Sida: C’est une journée particulière ce 29 septembre 2009. C’est la Saint Michel, mais ce n’est pas pour cel ...
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En France et
en Thaïlande.
Réalité de la vie et rêves de voyages
C’est une journée
particulière ce 29 septembre 2009. C’est la Saint Michel, mais ce n’est pas pour cela que la journée est exceptionnelle. Puisque c’est ma fête, j’ai décidé de consacrer cette journée aux malades
du Sida à
Camillian, près de
Rayong.
Depuis maintenant trois ans, lorsque je suis en Thaïlande, je visite régulièrement cette mission et donne un peu de mon temps pour les malades. Ce n’est pas grand-chose, je ne peux leur rendre la santé, et ma petite contribution n’est rien à coté du dévouement des responsables du Centre et des aides-soignants.
Traditionnellement, à mon arrivée, je prends connaissance des nouveaux patients depuis ma dernière visite.
Quelques instants passés avec eux, prendre entre mes mains des doigts déformés par la maladie, caresser le bras ou la jambe d’un malade alité, relever quelques cheveux éparts, poser ma main sur
un front ou une joue, bref donner simplement et de tout mon cœur quelques gestes d’affection.
Ensuite, selon les habitudes que j’ai données, je me rends à la cafétéria où j’achète des boissons pour tous les malades, les aides-soignants et le personnel de la cuisine. Un panier est rempli de multiples cannettes :
Fanta, Pepsi, Sprite, Coca, Thé froid… etc. …
Il y a toujours quelqu'un pour m’aider à transporter le panier bien chargé. Nous nous déplaçons de salle en salle et de lit en lit. Chacun et chacune reçoit une boisson, qu’il nous faut parfois
ouvrir, tant certains sont fatigués.
C’est un moment exceptionnel, où par ce minuscule cadeau et un geste naturel de compassion, se passe quelque chose
difficile à exprimer. C’est un regard, un sourire, une tendresse, et je suis, oh combien ! heureux de faire ce trajet pour ce regard.. ce sourire.......
Aujourd’hui, ce fût une explosion de joie à mon arrivée. Soignants, malades qui me connaissent depuis
longtemps, m’enlacent. Ils ne manquent pas de me dire qu’il y a bien longtemps que je ne suis pas revenu (7 mois me dit-on / Ils ne se trompent pas. Ils craignaient que je les ais oubliés). Ils
me serrent fort et longuement. Je réponds avec autant d’affection.
Parfois – hélas - quelques changements sont intervenus sur leur corps.
- Tu as maigri – Est-ce que tu es ok ?
En général, ils ne se plaignent jamais. Cela va toujours, oui j’ai perdu 2 – 3 ou 4 kilos, me répondent-ils, mais ça va, c’est ok.
Quelle leçon !
Après avoir effectué une visite complète, je demande des nouvelles des anciens qui ne sont plus là. Parfois, ils vont un peu mieux et sont retournés provisoirement dans leur famille. Parfois ils resteront un peu plus longtemps si leur santé le permet. Parfois ils ont quitté ce monde.
On me dit ce qui est… C’est ainsi…. Ce malade est parti... pour une autre vie.
Mon émotion – comme eux – reste au fond de moi. Elle ressortira tout à l’heure, lorsque je serai seul, dans le bus du retour.
Parmi les nouveaux arrivants, un tout petit garçon actuellement âgé de 7 mois, beau comme un cœur, des yeux
vifs et pétillants, très souriant accepte de venir dans mes bras, pas trop longtemps tout de même, mais pas de pleurs, seulement des sourires. Un petit charmeur. Séquence bonheur !
Son papa, séropositif, a abandonné la maman elle-même séropositive. La santé déclinant, la famille n’avait pas les moyens de prendre en charge la maman, inapte au travail, et l’enfant. Ils sont donc arrivés au centre Camillian.
La maman, très fatiguée, ne peut s’occuper du bébé à qui la mission a attribué une « nounou ». Par
bonheur, ce bébé, grâce aux soins donnés avant et après sa naissance, est séronégatif. Il n'est donc pas porteur du HIV.
Lorsque l’on m’a dit cela, j’en ressentis une immense joie. Mais…. Que va devenir cet enfant, lorsque la maman ne sera plus là ?.... Est-ce que la famille pourra s’en charger ?... C’est pour l’instant une question sans réponse.
Cet enfant est à ce jour le plus jeune pensionnaire de la mission. Jusque là, cette place revenait à un fameux petit bougre et une petite fille, très blanche de peau (parce que née d'une union mixte Thaïlandaise - Australien). On la remarque très vite parmi toute ces peaux brunes. Ces deux là ont grandi. Ils vont bien et sont suivis médicalement. Ils étaient fort espiègles au réfectoire où j’ai partagé leur déjeuner.
Les adultes ont reçu une boisson.
Les enfants eurent droit à une glace.
Quelques moments partagés encore avec les malades l’après midi, l’attente de l’équipe du soir pour saluer tout le monde, et je reprends le chemin du retour. Le bus Rayong-Bangkok me passe sous le nez alors que je n’avais pas encore traversé la route. Tant pis, je vais prendre un camion taxi puis un bus depuis le village suivant… BAN CHANG.
La tête pleine de ses douleurs cottoyées, je somnole dans un bus bruyant avec une télévision diffusant un DVD
de film japonais où l’on ne cesse de se coller des "gnons" en hurlant.
Et, comme souvent, ces moments passés à Camillian, me font penser à ceux qui geignent tout le temps. Ceux qui ne regardent jamais plus loin que leur horrizon immédiat.....
Ah! si je pouvais "affréter" un autocar et conduire nombre de ces gens là dans cette mission, sans doute qu'après un rapide passage en salle de soins palliatifs, il reconsidérerait leur vie ! ! . .
Mardi 29 septembre 2009.