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Le billet de Michel

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Publié le par Michel
Publié dans : #Thaïlande-Aujourd'hui

Dans la matinée du 17 novembre, à la mission, Add atteint avec beaucoup de difficultés un paquet de gâteaux Thaïlandais. Il me fait signe de le prendre. Depuis 4 ans, je connais bien ce garçon et ses difficultés. Parfois, avant mon retour en France, il m’offre un cadeau qu’il m’est impossible de refuser. Aurait-il cru que je repartais déjà ?


En quittant Camillian, j’ai toujours mon paquet de gâteaux à la main. Nous rejoignons la route devant l’établissement. Dame farangset part vers Rayong, et moi vers Jomtien dans l’autre sens. Un dernier signe d’au-revoir et je cours de l’autre côté de la route. Il faut être vigilant car les véhicules roulent très vite.

Je n’attends pas longtemps et je fais signe avec le bras au premier taxi-collectif qui se présente. J’ai vécu quelques expériences ou le bus ne s’arrêtait pas, aussi je préfère utiliser le premier transport en direction de Ban Chang où se trouve un arrêt de bus obligatoire. Aucun client dans ce camion-taxi, sauf moi. Un pressentiment me dit que je viens de commettre une erreur.


Le taxi roule très lentement. A chaque croisement, il ralentit et s’arrête parfois un instant pour vérifier si, par hasard, un client ne serait pas au bout du chemin. Ma crainte se concrétise  sous la forme d’un autobus bleu et blanc qui nous dépasse rapidement. Je peste : c’est l’Européen qui réagit. Bon, calme toi Michel, ce n’est pas la fin du monde. : Ceci est un raisonnement d’Asiatique : « mapainraï » ou « mapailaï » / phonétiquement en Thaïlandais, cela veut dire : cela n’a pas d’importance, ce n’est rien !... On entend cette expression dans bien des circonstances. Mapailaï, peut-être, mais je regarde tout de même en penchant la tête à l’extérieur et, oh bonheur ! Le bus est stoppé à un feu rouge à l’entrée de Ban Chang.


Nous le rattrapons presque. Hélas, il repart de plus belle, puis est à nouveau stoppé par un autre feu.  Le chaud et le froid, l’aurais-je.. ou pas ?... Il se trouve maintenant à la station.  Mon taxi est arrêté au feu à son tour. Ni une, ni deux, je saute, tends un billet de 20 bath au conducteur qui cherche la monnaie. Je lui fais signe que je n’en veux pas, et je cours entre les voitures, en gesticulant vers le bus. Il s’en va lentement et… me voit dans son rétroviseur, stoppe, ouvre la porte. Je monte, essoufflé, ce qui fait bien rire les quelques voyageurs. Il n’est pas certain qu’un Thaïlandais se serait comporté de la sorte.


Dans le bus, assis, mon paquet de gâteaux sur les genoux, j'essaie de retrouver mon souffle. Le caissier est une caissière, à qui j’annonce ma destination en remettant d’autorité 50 baths, tarif du moment. Elle regarde mes genoux, enfin, non, elle regarde le paquet et me dit : Aloï mac maa / c’est très bon !


L’attache est vite enlevée, elle accepte un gâteau, en m’adressant un généreux sourire. Un peu plus tard, elle revient et me fait comprendre qu’un second lui plairait bien. Il y en a beaucoup, pourquoi pas ?... Ne dîtes rien à Add, c’était seulement pour moi !

 

Mon fauteuil est très inconfortable car son dossier refuse de glisser. Rien à faire, il est coincé. Il serait préférable que je change avant que tous les sièges ne soient occupés. Je saute dans le deuxième siège à gauche en vérifiant immédiatement son confort. Tout va bien !

 


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J'étais surveillé et je ne le savais pas !

 


Juste devant, les quatre premiers sièges sont réservés. Deux pour la jeune femme / caissière et deux pour une dame âgée, qui… déguste l’un de mes gâteaux !  Toutes les deux parlent non stop avec le chauffeur et le préposé aux portes. Est-ce pour cela que depuis notre départ de Ban Chang, l’allure s’est nettement ralentie ? Non, cela n’a rien à voir : Nous « chassons » également le client. A la vue d’une personne sur le bord de la route, ralentissement et coup de klaxon, à l’approche d’un arrêt, idem puis  la porte s’ouvre, le préposé crie quelque chose en thaï repris ensuite très fort par la jeune femme. Parfois, ils descendent et continuent leur baratin. Cela réussit parfois, un passager monte. On repart lentement. Chaque fois qu’un client paye, le billet est remis à la dame âgée installée très confortablement sur les deux sièges derrière le chauffeur.

 

Cette dame âgée est donc trésorière. Son tiroir-caisse (sac à main) occupe le siège côté vitre occultée par un rideau fermé. Assise bien droite, les reins protégés par des coussins épais, elle porte de grosses lunettes de soleil cachant une grande partie du visage. Par-dessus un chemisier brodé, un important collier en or, des boucles d’oreilles et un bracelet clinquant lui confèrent une autorité de patronne derrière son grand comptoir ! Autant dire qu’elle est imposante. C’est une forte femme, dans tous les sens du terme. Chaque billet reçu est rajoutée à un paquet du tarif correspondant. Ensuite, elle recompte les billets, les range dans le même sens, fait des paquets de 10, le dixième plié en travers, puis une dernière fois elle replie la totalité et glisse cela dans le "tiroir-caisse". Il en va de même avec tous les billets de  20 – 50 et 100 baths. Les grosses coupures, 500  et 1.000 baths plus rares subissent le même sort, mais sont rangés dans la poche à glissière. J’ai l’impression qu’elle doit savoir à tout instant le montant de sa caisse. Madame est en quelque sorte le sous total permanent du tiroir caisse. Les doigts trient, ajoutent, classent, plient pendant qu’elle parle sans discontinuer !


En cours de route, nous stoppons pour un arrêt technique. Le préposé essaie de visser, au dessus de la porte, le système de ventilation qui ne tient plus qu’avec deux vis au lieu de quatre: Echec. Le chauffeur rafistole la vitre de sa porte qui ne veut pas rester en position fermée: Réussite. Ce bus n’a ni connu les 35 heures, ni la retraite à 60 ans et doit demander de temps à autre un peu d’attention … Ses compteurs ont par ailleurs, perdu la mémoire et n’enregistrent plus le temps qui passe, sans doute depuis longtemps !


Notre route se poursuit au rythme des arrêts, des harangues, des clients qui montent ou descendent. Sur la télévision défilent les images d’un film en DVD : bagarres, captures, violences, hurlements et vampires buvant avidement le sang de leurs victimes. 


L’heure tourne et le moteur n’a pas été mis à rude épreuve depuis Ban Chang. J’avais oublié qu’une fois sur deux, selon l’heure du bus, c’est le même topo … Il faut arriver devant un très grand collège à l’heure de sortie des élèves. C’est un peu le jackpot puisque les places assises seront toutes occupées et dans l’allée centrale, les élèves supplémentaires et les derniers clients s’entasseront. De quoi donner le sourire à  madame Tiroir-caisse !

 


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La caissière drague encore et convainc quelques autres jeunes de monter avec nous. Elle remonte enfin dans le bus. Je pense que nous allons partir. Non, car madame trésorière abandonne sa place et descend. Elle se dirige d’un pas lent vers les marchands ambulants. (Plan-plan, plan-plan).  Après avoir regardé les marchandises et négocié elle revient avec un petit sac plastique, se cale dans son fauteuil. Nous repartons… pendant que Madame sort une brochette de viande qu’elle trempe dans une sauce au fond du sac plastique. Elle semble beaucoup apprécier et déguste lentement.  Une odeur de cuisine thaïe envahit une partie de l’autobus, en tout cas, les premiers sièges où je me trouve !


La vitesse devient un peu plus normale jusqu’à mon arrêt devant la grande surface LOTUS. Encore un parcours en taxi-moto et je suis à l’hôtel.

 

Durée du trajet pour 50 kilomètres : environ 2 heures, ce qui m'a laissé le temps d’observer et d’en mémoriser cet article !...

 

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Les gâteaux étaient délicieux.

 

 

Commenter cet article

Eglantine 24/11/2010 17:04



c'est une autre vie à n'en pas douter ! tu vois un taxi ou un bus faire la même chose à Paris ou même à Marseille
c'est très amusant quand tu le racontes..à vivre pour nous je ne sais pas ! ...sans doute que la sagesse est chez
eux et pas chez nous...


bisous



Michel 25/11/2010 16:36



C'est une autre vie et il faut s'adapter. Nous n'avons que cela à faire. Après tout, nous sommes chez eux.  Et, comme tu le dis si bien, qui est le plus sage et le moins stressé
?...


Moi, j'avoue que cela m'arrange bien d'observer. Si tout était pareil, qu'est ce que je pourrais bien écrire ?


Bisous  Eglantine -


Michel


 



anika 20/11/2010 11:00



En lisant ton reportage, j'ai l'impression d'y être, depuis que je te lis, j'ai de plus en plus envie d'y retourner. Mon fils est rentré hier il ramène des tas de photos, je te les ferai
partager.


Bisous bon WE  Anika



Michel 22/11/2010 01:55



Voila une Maman qui doit être heureuse ... Comme beaucoup !!!


Merci pour ta visite et le futur partage de photos.


Bises - Bonne semaine


Michel



"jp" 20/11/2010 10:40



Tu nous as gardé quelques gâteaux j’espère


Superbe reportage. J’en veux encore ! (des reportages et des gâteaux)


 



Michel 22/11/2010 01:54



Merci JP... Tu auras donc des gâteaux et des reportages...


Bonne semaine


Michel


PS - Je viens d'entendre que le froid arrive ... brr brr glagla



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