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Le billet de Michel

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Publié le par Michel
Publié dans : #Les choses de la vie

C’est la galère, je suis tellement pris par les différentes charges que je me suis octroyées que je n’arrive plus à faire les choses essentielles.  Je donne un grand coup de chapeau à toutes ces femmes qui travaillent, s’occupent des enfants et gèrent leur maison !...

Moi, je n’ai pas d’enfant, je ne travaille plus. Enfin si, je n’ai plus un emploi avec un « salaire », cependant plus  du trois quart de mon temps est occupé par des activités bénévoles. L’autre quart ne suffit pas pour la maison, les courses, la cuisine, le blog (ne pas oublier) ..... Et les livres s’empilent sans avoir le temps de les ouvrir. Ce sera pour l’Asie le mois prochain.

Cette introduction pour expliquer que je n’ai pu remplir le frigo et qu’au retour d’un déplacement-service (C'est-à-dire, me rendre à Paris pour un tiers afin de traiter quelques problèmes), il est déjà 13 heures. Pas envie d’aller faire les courses, ce sera pour plus tard. Pour déjeuner, je file au restaurant à deux pas de l’appartement.

Pas de chance, je voulais me nourrir d’un plat rapide mais lil y a foule aujourd'hui. Est-ce que tous ces gens n'ont pas rempli leur frigo ?  La serveuse habituelle n’est pas là. Une nouvelle jeune femme a pris la relève. Vraisemblablement, elle n’est pas de la profession, même si elle exécute son travail avec une évidente bonne volonté.

Il faudrait néanmoins lui apprendre quelques bases : par exemple, regardez les tables et les clients et ne jamais repartir les mains vides. En effet, elle apporte un plat, repart chercher un couvert manquant, revient, repart en passant sans le moindre regard devant des tables qu’elle pourrait débarrasser. Cela lui ferait gagner du temps, éviterait des pas perdus et améliorerait le service. Occupée par une fonction unique, elle en oublie de remettre (en passant) le menu, pour occuper le client. La patronne se rend compte de la situation et arrive rapidement entre son service au bar et l’accueil des clients. En quelques instants la situation est régularisée.  Il faudra ensuite attendre bien longtemps les hors d’œuvres car les numéros de table ne semblent pas bien mémorisés par cette jeune employée. Quelques confusions dans la distribution des plats, sans pour autant que les clients n’émettent des récriminations. La clientèle est constituée pour l’essentiel par des habitués.

Puisque j’ai décidé de m’offrir un restaurant (je suis seul) autant en profiter pour un peu de détente en observant alentour. Vous connaissez mes travers maintenant ?

Une dame d’environ 80 ans et sa fille (la cinquantaine fatiguée) viennent d’entrer dans le restaurant. Sur leur visage nait un peu de mécontentement car leur table habituelle est occupée. La patronne s’avance et avec amabilité les dirige juste à coté de moi.

Pour laisser passer Madame Mère, je fais glisser ma table sur un coté et retire ce qui pourrait tomber au passage. Avec un manteau, un peu de handicap acquis au fil des années, l’opération est périlleuse, mais tout se termine bien. Sa fille s’assoit en face d’elle. Le temps passe mais le menu n’arrive pas. Constatant un léger ennervement, je me lève et récupère dans un meuble à quelques pas deux menus que je dépose sur leur table. Elles me remercient et me sourient avec une pointe d’interrogation dans le regard : Qui suis-je ?

Commence alors un long dialogue entre fille et maman à propos du repas et le choix des plats. Maman veut d’abord une entrée. Sa fille, autoritaire, lui dit qu’elle ne mangera pas tout et qu’il ne faut pas gâcher. (Elle le répétera maintes fois !)

- Tu ne prends pas d’entrée, je te donnerai un peu de la mienne.

- Mais je voulais une assiette de crudités

- Tu auras ce que je te donnerai, t’as compris ? "Faut pas gâcher"!

Il y aurait un brin de mauvaise humeur que  cela ne m’étonnerait pas. Maman obtempère, non sans dire à nouveau qu’elle voulait des crudités. Le choix du plat principal est un supplice. Maman veut de la viande et demande :

- C’est quoi la brochette de rumsteck

- Ben, c’est de la viande, t’en a pris la semaine dernière.

- Bon, je prends ça mais c’est servi avec des frites et je veux des flageolets.

- On va demander. Mais tu ne mangeras pas tout, je vais prendre une brochette et je t’en donnerai un peu.

- T’as qu’à me donner la ferraille de la brochette tant que t’y es !

Je me mords les lèvres  pour ne pas éclater de rire, car mamy ne manque pas d’humour. Après quelques piques, elles décident finalement que chacune prendra une brochette. C’est bien, elles sont d’accord !  Et mamy rajoute :

- Alors pour les légumes on fait quoi ?

- Je vais demander des flageolets pour toi. Moi je prends des frites.

- Et pourquoi tu prends des frites et pas des flageolets ?

- Dis donc, tu  pousses un peu le bouchon, j’ai quand même le droit de prendre des frites.

- A propos de bouchon, tu me commandes un Kir, tu veux un apéro toi ?

- Oui, un porto.

L’apéritif leur est servi. Viendront ensuite l’assiette de crudités qui déclenchera quelques hostilités car fifille ne veut pas donner une indigestion à sa maman. C’est chichement qu’elle partage : deux petits morceaux de tomates, deux morceaux de betteraves rouges, un petit peu de carottes râpées.

Alors que la fille remplit les verres avec de l’eau (du robinet) maman lui dit, d’un ton péremptoire :

- Tu te prends pour le bon Dieu ?

La fille, interloquée, demande

- Pourquoi tu dis ça ?

- Peut-être que tu vas transformer l’eau en vin !   Il est ou mon vin rouge ?

J’ai failli recracher la nourriture que je mettais en bouche en entendant cette réplique. Vraiment trop drôle la mamy !.. Elle obtiendra sa carafe de rouge !

Il y aura encore quelques disputes à propos du frère mais surtout la belle sœur, bref des histoires de famille auxquelles je ne comprenais rien. Je terminerai donc mon histoire ici, en ne regrettant pas d’être allé au restaurant ce jour là.

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berto 30/03/2010 13:36


Mon Cher Michel,
Tu devrais ecrire des pieces de theatre car tu defini si bien les situation que nous restons sur notre faim attendant la tombee du rideau


Michel 30/03/2010 22:13



Merci pour ces encouragements..


Si j'ai pu te distraire un instant, j'en suis heureux.


Michel



Eglantine 30/03/2010 12:18


et bien Michel moi je dis que tu as de la chance de ne pas avoir d'enfant, imagines tu une fille ou un fils comme ça ?...d'accord ils ne sont pas tous pareils mais il y en a...
a part ça comment fais tu pour être toujours pret a t'occuper de ton prochain j'avoue etre admirative de ton investissement auprès des uns et des autres
bises et bonne journée a toi


Michel 30/03/2010 12:28


Oui, pas facile la fifille !!! Mais elle aurait été gentille, je n'aurais rien eu à écrire.
Comment je fais pour m'occuper.... ?   Et bien, je n'en sais rien non plus.
Ca va Ca vient .... Il n'y a pas de recession, ce serait plutôt le contraire !
Merci pour ta fidélité -  Excellente journée
Bises
Michel


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