Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le billet de Michel

Observer - Photographier - Partager....

Publié le par Michel
Publié dans : #Humour

Certains d'entre vous connaissent déjà ce texte. D'autres le découvriront. Il est paru  en 2008 dans mes anciennes pages "humour", supprimées aujourd'hui.

--------------------------------------------------------------------------------------------

Ce samedi, pour rejoindre Choisy le roi je prends le Bus 183. Par chance, le bus n’est pas encore plein et je trouve une place contre une vitre. Cela me changera des bus habituellement surchargés. Hélas ! Je déchante vite car les passagers arrivent en nombre au rythme des arrivées du Tramway et des métros.

La place à mon côté ne reste pas longtemps vide. Une dame que je qualifierai de fortement « charpentée » bouscule deux hommes et se propulse dans le siège. Plouf ! Tsunami sur le siège et me voila projeter contre la cloison, coincée entre celle-ci et le volumineux popotin de madame. Que puis-je faire ?... Elle a bien le droit de s’asseoir et ce n’est pas de sa faute si les sièges dans les transports en commun sont de moins en moins adaptés aux changements de corpulence des passagers.

Et moi, je pense : pourvu qu’elle descende avant moi car je serai incapable de m’extraire de cette situation. Mon imagination assez fertile il est vrai m’envoie des images où je tente désespérément de sortir, mais c’est impossible. On vient à mon secours, rien n’y fait, plus la dame bouge pour me laisser sortir, plus je me coince…non rassurez vous ce n’est que l’imagination. Je reste bloqué et le bus s’en va. Il est maintenant parfaitement bondé.

A la télévision et à la radio, ils disaient grande "transhumance", tout le monde sera sur les autoroutes : Menteurs !... Ils sont aussi dans ce bus.

Avant l’arrivée fracassante de Madame, je lisais un hebdomadaire. Je l’ai toujours en main, j’essaie de tourner une page mais mon coude gauche se promène sur le sein droit de madame. Gêné, et n’ayant pas envie de prendre une gifle, ou de me faire traiter de satire, je laisse glisser tant bien que mal mon hebdo dans un sac plastique que je coince sous mes avant-bras allongés sur mes cuisses, les coudes totalement repliés dans mes côtes. Il faut très chaud, et sans doute un peu plus avec la pression de ma voisine.

Les arrêts se succèdent et libèrent un peu d’espace dans le bus, mais rien ne change pour moi, madame est toujours là. Cela dure encore un peu puis madame bouge, madame va descendre. J’en suis très heureux, je serre les fesses, et m’enfonce un peu plus dans le siège au fur et à mesure qu’elle s’extrait, en plusieurs manipulations, sans dommages collatéraux, elle s’en va. Un monsieur tout mince là remplace, ce doit être moi maintenant qui a le plus gros popotin !

Un peu plus loin, lors d’un arrêt, le bus se transforme soudain en poulailler. Je m’explique : un groupe de jeunes filles passablement excitées, gloussent en cœur. C’est infernal. Intrigué, je tourne la tête : elles sont quatre, gesticulent, crient, rient, tapent dans leur main, sautent parfois… virevoltent....

Evidemment, que croyez-vous que je fasse ?  Je tends un peu plus l’oreille pour essayer de comprendre le pourquoi de ces gloussements hystériques. L'une tient quelque chose dans sa main. C’est un téléphone portable. Un téléphone portable pour glousser, c’est un peu bête l’adolescence ! 

Cela dure longtemps. Et j’entends soudain quelques commentaires, avec des voix de plus en plus enervées et fortes :

-        Vouaahh, il est trooop tooop

-        Là-là, je l’ préfère sur celle là…

-        Non, t’as osé, gaffe que ton frangin look pas ton phone

-        Fais voir, fais voir, j’ai pas vu,j’ai pas vu…. Vouaahh

Je tourne ostensiblement la tête pour mieux les voir. Elles parlent, mais je ne comprends pas tout le temps et elles gloussent de plus en plus fort.

-        Tu te l’as tapé - oh là là  t’as osé - t’es la meilleure toi !

-        Oh j’le kiffe trop, montre moi la photo d’avant, non l’autre…sans rien 

Et, j’ai enfin la réponse à mes questions : Ces jeunes filles excitées sont en train de regarder sur le portable des photos (fort dénudées semble t-il) du petit copain de l’une d’entre elles. Elles se croient seules au monde dans ce bus et ne semblent pas vraiment gênées par les passagers autour d’elles ou bien s’en fichent éperduement.

J’ai envie de rire tant la situation est cocasse et originale. Certains « grands frères » en feraient une tête s’ils voyaient leurs frangines !

Oublié mon tsunami, oublié la chaleur, oublié les gloussements, je rie de bon cœur… intérieurement !   Et j’arrive à destination, non sans me dire qu’il y avait là de quoi faire ce mémo, pour mon plus grand plaisir et peut-être un peu pour le vôtre.

 

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog