le-billet-de-michel
En France et
en Thaïlande.
Réalité de la vie et rêves de voyages
Le climat de mousson est difficile ! Entre grosse chaleur et humidité, c’est fatiguant. Mais je ne vais pas me plaindre d'être ici !
Ceci pour expliquer que le réveil hier matin fut difficile et que l’idée de prendre un Taxi-moto, attendre et prendre le bus pour Camillian me faisait trainer les pieds. Un peu honteux de cet état, je me secouai et comme j’avais prévenu de ma visite, il était hors de question de ne pas respecter ma parole. Je décidai alors de parcourir les 60 kilomètres (environ) en taxi (voiture > pas en moto) et de revenir par le bus. C’est donc avec confort que je partis pour Rayong.
A l’approche du centre social center, comme d’habitude, mon cœur se serra, comment allais-je retrouver les malades ? Lesquels ne sont plus là ?...
A peine arrivé devant une partie des chambres et les salles communes, je ne pensais plus qu'aux présents qui m’accueillirent
avec beaucoup de chaleur, comme si je les avais quittés depuis peu.
Les accolades sous le préau, puis dans la salle servant également de réfectoire pour les malades, ensuite dans la grande salle commune et enfin dans la salle de soins palliatifs me réconfortèrent car certains étaient encore là, m’inquiétèrent pour quelques uns à la santé déclinante, et Songsak m’indiqua alors les noms de ceux qui manquaient.
Comme je m’en doutais déjà en avril dernier, la dame âgée que j'avais surnommée "Miss Coca-Cola", a quitté ce monde depuis quelques semaines.
Les malades réunis dans la salle/réfectoire préparaient des prospectus à expédier auprès de donateurs thaïlandais (il faut bien trouver des fonds pour le quotidien).
Les enfants étaient en classes primaires et secondaires à la ville voisine. Quelques plus jeunes, ainsi qu'une petite fille dispensée d’école parce que fiévreuse, étaient restés au centre.
Parmi les très jeunes, se trouvait Tongkao. Je retrouvai un gamin qui cria en Thaïlandais dés qu'il m’aperçut : "Papa est venu". Il courut et me fit un gros bisou en me tendant sa joue pour je fasse de même. Un instant de bonheur.
Évidemment, je ne suis en rien son père biologique, mais il faut savoir qu’en Thaïlande, il est courant de nommer "papa" un monsieur aux cheveux blancs. C’est une marque de respect. Comme mes cheveux sont blancs depuis de nombreuses années, il y a bien longtemps que ce terme est employé en ce qui me concerne ici en Asie.
A midi, les enfants déjeunent dans le grand réfectoire avec les responsables de la mission, les aides-soignants, éventuellement les invités. Je voyais Tongkao pour la première fois manger seul à table avec ses camarades et une éducatrice. Je pus constater, comme sa maman me l'avait l’indiqué, un grand changement en peu de temps. Fini le gamin capricieux, c’est un petit bonhomme maintenant... Du haut de ses deux ans !
Lorsque ce texte sera publié,
samedi 30 juillet 2011, une cérémonie sera organisée à Camillian en mémoire de l’ancienne propriétaire du terrain, une dame Thaïlandaise, qui offrit son bien pour la création de Camillian.
Sur le bassin central, les balustrades du préau ont été recouvertes de décorations en bleu et blanc, autour d’une grande statue représentant Saint Camille avec un malade. Les "pensionnaires valides" lui rendront hommage avec des chants et des danses. Le Père Giovanni, créateur du centre reviendra de Bangkok pour cette journée.

Sur des branchages représentant un arbre sont suspendus
des coeurs en papier rouge avec
des souhaits et remerciements des malades.
Plus tard dans l'après-midi, je quittai Camillian et ratai de peu le bus !. En attendant le suivant, je regardai distraitement ces bâtiments de l’autre coté de la route, alors que les visages des "absents" défilaient dans ma mémoire….