Vendredi 12 août 2011 5 12 /08 /Août /2011 00:37

Si j’écris moins souvent qu’auparavant à propos de Camillian , ce n’est pas pour autant que je ne m’y rends pas régulièrement et que j’oublie les petits et grands malades. Petits et grands (en double sens) : petits parce qu’il y a beaucoup d’enfants ou des adolescents et grands pour les adultes, (petits) parce que certains sont moins atteints car soignés à temps, peut-être avec un traitement leur convenant mieux et d’autres beaucoup plus (grands) malades, dans quelques cas en phase terminale.

Mes visites se succèdent dans cette ambiance, où selon le moment, la douleur, le chagrin, l’espoir et le bonheur, il convient de réagir différemment.

Lors de ma dernière visite, une femme (environ 40 ans), fut prise d’une crise de larmes et de gémissements. Cela se passait sous le préau où elle s’était allongée en travers d’un lit utilisé pour s’assoir ou pour le massage.

Avec une jeune volontaire Thaï-Américaine, nous avons essayé de la réconforter durant de longues minutes, en vain, jusqu’à ce que les malades et les aides soignants nous indiquent qu’elle n’avait pas toute sa raison. Les infections opportunistes peuvent aussi parfois toucher le cerveau.

Cela n’est pas très facile. Comment savoir où se situe la réalité de la perte de raison ?

Heureusement, pour confirmer ce que chacun nous disait, elle s’est arrêté toute seule, comme s’il ne s’était rien passé. Un peu plus tard, elle m’a gratifié d’un gros bisou sur la joue !

Le matin, elle avait essayé de resquiller une 2ème boisson.

Un peu plus tard, une ambulance déposa un nouveau patient en provenance de l’hôpital de Rayong. Un lit, en salle de soins palliatifs l’attendait. 

Je n’ai pas revu Yout, ce garçon qu’une aide-soignante m’avait demandé de « sponsorisé » parce qu’abandonné par sa famille. Il est dorénavant au Jardin d'Eden situé à une quarantaine de kilomètre de Camillian. J'ai dit souvent que je me rendrai jusqu’à cet endroit, mais ce n’est pas facile car dans la campagne, et impossible sans véhicule.

 Je ne reverrai Yout que lors d’une fête importante, lorsque tout le monde se retrouve à la maison mère. 

Qu’il soit dans cette structure est plutôt bon signe car cela signifie :

1 Que son traitement fonctionne plutôt bien

2 Qu’il est capable de se prendre en charge

3 Qu’il peut intégrer une structure parmi des familles

4 Qu’il peut travailler, ce qui est sain pour le moral et un éventuel retour à la société.

 

Une forme d’espoir serait donc possible pour lui.

Un autre jeune homme dont je vous ai déjà conté son histoire (I want to be free) est malheureusement toujours en chaise roulante. Les jambes s’atrophient lentement. Il a un peu maigri, mais semble vouloir se battre, ce qui est essentiel…

008Alors que j’entrai dans la cour de la mission, une femme me reconnait et vient au devant de moi.

Je la reconnais également. Sunee était aide-soignante lorsque nous avions conduit Jak à Camillian.

D’ailleurs, elle avait pris grand soin de lui jusqu’aux derniers instants.

Son histoire est classique. On va un peu mieux, on retourne dans sa famille (si on est resté en relation), on ne suit pas le traitement sérieusement et… l’on revient, un peu plus affaiblie, un peu plus en situation pour de nouvelles maladies opportunistes.

Evidemment, elle ne peut plus travailler comme avant, et dispose de peu pour ses menus frais. Mais je lui dois bien un peu d’aide… alors !...

Ce jour là, elle était occupée à couper l'herbe autour des fleurs …avec une paire de ciseaux. Il faut être en Asie pour effectuer de tels travaux !

La maman de Tongkao a un peu maigri, mais elle garde le moral. Elle travaille en qualité de femme de ménage dans les dortoirs collectifs, pendant que son fils est à l’école (près-maternelle).

Tongkao est toujours aussi sage et se tient parfaitement bien à table. C’est un changement surprenant !

Tous les enfants présents ont reçu une glace en dessert, qu’ils ont choisie non sans me dire (parfois un peu rappelé à l’ordre par les éducateurs) Sabaïdee krap pour les garçons ou Sabaidee Kaa pour les filles.  (Ce qui veut dire Merci.)

La traditionnelle distribution de boissons fut un peu mouvementée car la responsable de la cafétéria a changé quelques produits et cela ne convenait pas à tout le monde. Heureusement, Tong qui m’aidait à porter le grand panier, a su se montrer directif et patient en même temps. J’aurai eu quelques peines avec mon bafouillage Thaï !

J’ai quelquefois cité  Not, ce petit garçon qualifié de « petit singe » tant il est espiègle et grimpe partout.  Pour la première fois, sa marraine française est venue de sa Lorraine natale pour le rencontrer. Cette jeune femme était très heureuse de ce voyage, malgré un coût financier pas négligeable. Très prochainement, elle va retourner en France, avec la mémoire chargée du sourire des enfants, beaucoup d'émotion et d'affection...



 

Association Les Amis de l'Orphelinat de Pattaya
BP 70197 - 06407 Cannes Cedex
FRANCE  Tél : +33 (0)4 92 98 16 96.

Par Internet cliquer sur l'onglet :  

L'Orphelinat de RAYONG

 


 

C’était quelques échos de Camillian, à Rayong en Thaïlande.

Jeudi 10/08/2011.

 

Pardon pour les renvois sur des textes précédents...mais je pense que cela est nécessaire pour la compréhension du texte car je cite diverses personnes dont j'ai "parlé" au fil de mes visites...

Par Michel - Publié dans : Thaïlande-Camillian - Communauté : Les chroniques de la meute
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