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Le billet de Michel

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Publié le par Michel
Publié dans : #Çà m'énerve !

C’est une chanson de Serge Reggiani (**). Elle convient pour la sauvagerie qui s’est déroulée hier, mercredi 15 septembre, vers 15 heures, en plein Paris.

Dans le 13ème  Arrondissement à Paris, un adolescent allait prendre son bus pour retourner dans le 14ème arrondissement où il habite, lorsque plusieurs jeunes l’ont agressé, roué de coups de pieds et de barre de fer, le frappant violemment à la tête.

Il se pourrait qu’il s’agisse d’un conflit entre les jeunes du 13ème avec ceux du 14ème arrondissement. Le lycéen battu, se trouve dans le coma dans un hôpital parisien. Les médecins ne se prononcent pas et réserve leur diagnostic actuellement.

Je ne comprends pas et ne comprendrai jamais cette sauvagerie. Quels que soient les différents, si différents il y a, rien ne peut justifier un tabassage qui n’est autre qu’une volonté de tuer ! 

Les assaillants auraient, selon les dires des témoins, entre 15 et 20 ans. Comment à cet âge peut-on devenir assassin ?  Quelle éducation ont-ils reçus ? Quelle sera leur vie puisque, malgré leur jeune âge, ils sont, à jamais, entrés dans un monde de violence et de sang !…

Mais, les loups –les vrais - tuent pour se nourrir, non ?

(**) Monsieur REGGIANI voudra bien me pardonner d'emprunter sa chanson qui ne traitait pas précisemment de voyoucratie.

 

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Gérard et Leuagn 18/09/2010 12:21



Bonjour Michel,


j'ai lu avec une grande attention ton article sur cette délinquance qui touche maintenant presque tous les quartiers de Paris et toutes les grandes villes françaises.


Je connais très bien ce problème car je ne l'ai jamais dit mais après ma carrière sous l'uniforme j'ai travaillé durant plusieurs années dans le secteur social en tant que directeur d'un centre
de mineurs délinquants dans le département de la Vienne.


Après m'être occupé de la réinsertion de détenus majeurs dépendant de l'administration pénitentiaire on a transformé l'établissement en accord avec la protection judiciaire de la jeunesse en un
centre éducatif fermé accueillant des garçons uniquement âgés de 16 à 18 ans avec une particularité au niveau de notre projet c'est que notre action ne se limitait pas uniquement à la
resocialisation mais à la découverte puis à l'insertion professionnelle grâce à un partenariat avec l'AFPA.


Ces mineurs nous étaient placés au titre de l'Ordonnance du 2 février 1945 par un juge des enfants pour une durée de six mois renouvelable une fois afin de pouvoir terminer leur insertion pour
des faits plus ou mons graves (délits du type vols seuls ou en réunion, agressions, trafic de drogue...) voire pour des actes beaucoup plus graves ayant nécessité un jugement rendu par le
tribunal des assises pour mineurs mais là je ne peux en dire plus.


Les caractéristiques de ces jeunes sont que la plupart du temps ils sont désoeuvrés, proviennent de cités sensibles où règne la misère (parents au chômage - familles éclatées d'origine souvent
étrangère ou parents  qui ont perdu toute autorité depuis longtemps), que la délinquance ils vivent avec elle depuis qu'ils sont nés au travers de leurs ainés qui pour eux étaient et sont
des exemples, que leur niveau scolaire très faible et qu'ils n'arrivent pas à se projeter dans l'avenir car pour eux il n'y a pas d'avenir.


Je peux t'assurer que ce n'est pas un travail simple de s'occuper ainsi de 10 à 12 mineurs particulièrement difficiles et parfois presque ingérables provenant de différentes régions de France et
ayant déjà pour une bonne partie connu l'incarcération. Prison étant synonyme pour ces jeunes quasiment d'image de réussite sociale. Dure à comprendre...mais bien la réalité.


Je me suis rendu compte avec l'ensemble du personnel que je dirigeais (éducateurs spécialisés ou moniteurs éducateurs, formateurs, psychologue, professeur des écoles détaché,....- plus de trente
personnes pour s'occuper de 10 à 12 jeunes maximum mais on essayait de se limiter à 10 car au delà  ce n'est quasiment plus posible) qu'en groupe ils étaient souvent difficiles voire
ingérables d'où une présence constante de plusieurs éducateurs pour s'occuper d'eux de jour comme de nuit toute l'année, pour les reprendre en permanece et les recadrer parfois avec l'aide du
juge ayant en charge le mineur ou avec la gendarmerie  et que les activités qu'on leur imposait se faisaient toujours par petit groupe afin de limiter les problèmes mais qu'avec
le temps on arrivait à d'excellents résultats car la découverte du monde professionnel associée au travail de tous en permanence et la possibilité d'effectuer un stage débouchant sur une
qualification et un emploi étaient pour eux un moyen de sortir de cet engrenage de la délinquance.


Plus de 50% de réussite sans récidive!!!! ce qui est énorme mais c'est sur que cela coûte très cher.


Tout dépend de ce que l'on veut faire au niveau des autorités administratives et de l'Etat.


Maintenant j'ai tourné la page mais ce fut pendant environ sept à huit ans une expérience très dure mais particulièrement enrichissante que je ne regrette pas mais place aux jeunes.


Ce milieu demande quand on est le directeur une disponibilité de tous les instants, une gestion pas facile de tout son personnel et le milieu éducatif est très particulier, de nombreux
déplacements tant à la direction départementale de la PJJ qu' à la direction régionale voire même régulièrement au Ministère, des compte rendus à n'en plus finir, des liaison constantes avec les
éducateurs référents de la PJJ et des magistrats, des réunions en permanence, des reprises en main des jeunes par des convocations dans mon bureau quand ils commençaient à aller trop loin, des
insultes voire des coups (cela m'est arrivé) et une force de caractère....mais à la fin cela finit par user physiquement et moralement.


Voilà c'était un commentaire et aussi un petit témoignage Michel.


Cordialement et bonne fin de journée


Gérard



Michel 18/09/2010 22:46



Bonjour Gérard,


Je ne doute pas que ce soit une expérience qui doit être gravée en toi. Sans doute fort dure, mais aussi avec quelques satisfactions puisque je lis  50 % de réussite, ce qui doit être
exceptionnel.


Quelque chose m'interpelle : Compte tenu du coût pour ces centres éducatifs fermés, pourquoi ne pas investir plus, bien avant l'échec scolaire ?... Enfin, je sais bien que c'est un vaste problème
très, très complexe. Un problème de société, de culture, d'éducation et de fréquentation, il est vrai aussi que l'ennui et l'envie ne sont certainement pas ce
qui est le mieux pour sortir d'une spirale infernale.


J'ai vu cette semaine, un reportage à la télévision sur les bandes à Paris, tourné dans le 13ème arrondissement. C'était assez effrayant !...


Merci beaucoup Gérard pour ce témoignage exceptionnel qui nous apporte une autre vision d'un vécu ... de l'autre côté de la porte.


Bon dimanche à toi et à Leuagn.


Cordialement,


Michel



"jp" 17/09/2010 07:21



Les loups ont une certaine noblesse et intelligence. En ce qui me concerne je compare les
responsables de cette barbarie a des reptiles.  Des Dragons de Komodo ? Mais les préoccupations majeures et les valeurs misent en avant par nos
sociétés  (Tv, Infos, Jeux, mode, profits immédiats, apparence, bling-bling, manipulation des masses, haine, violence, individualisme, égoïsme……) ne
sont-elles pas les ferments sur lesquels ont grandi ces très mauvaises graines ? Nous avons été complices de la fabrication de ces bombes. L’autre jour je demandais si quelqu'un avait du feu
pour allumer la mèche. Aujourd’hui je confisque tous les briquets.  Trop dangereux.
Les centres ?
Pourquoi pas l’armée comme avant ? Obligatoire pour tous.
De nombreux avantages étaient liés à ce passage obligatoire dans un cadre organisé : discipline, vie en commun, solidarité, EGALITE, FRATERNITE, apprentissage d’un métier pour certain,
permis de conduire souvent, ouverture sur les autres… Avec des buts d’action plus tournés vers le bien de la collectivité que vers les armes (ils connaissent déjà. Quoi que ? Connaitre
implique mesurer les conséquences de son acte.)
Ça pourrait être une manière de faire murir ces jeunes et de servir les intérêts de la communauté. Pour enfin comprendre ce qu’est la LIBERTE.


Bonne journée à tous



Michel 18/09/2010 08:01



Je crois que tu as tout dit JP. Il est certain que ces jeunes délinquants n'en sont pas arrivés à ce stade sans que personne ne s'en apperçoive !


N'est-il pas difficile, voire impossible aujourd'hui, de les soumettre à une autorité qui n'a pas ou trop peu existée ?  Ils ont eu tout le temps de grandir avec leurs propres règles... de
GanG


Oui, il serait temps de confisquer les briquets.


Je pense aussi que la suppression du Service Militaire n'a pas arrangé les choses. Quelles furent les vraies raisons de sa suppression ? ... et par Qui ? .. je vais chercher sur le net.


Je propose une idée, ces jeunes qui ont envoyé un certain nombre de gens dans les hôpitaux devraient devenir pour un séjour assez long, "volontaires" pour un travail d'intérêt public dans
les services d'hôpitaux. ...


Peut-être, alors, une étincelle allumerait un peu de compassion dans leur cerveau.


Merci pour ton commentaire JP


Michel



JPSIAM 17/09/2010 02:35



La barbarie en Europe arrive avec un retard de 10ans sur les États-Unis comme tous les faits. Les punitions n’étant pas au niveau des actes cela
peut continuer longtemps. On te dira qu’ils ont eu une jeunesse difficile ! Facile comme argument pour des actes barbares.


Il existe en France l’ancien camp militaire de la Courtine dans la Creuse, ou l’on pourrait ouvrir un camp ouvert de rééducation ! Lever 5
heures du matin, sport, toilette, cours d’éducation, travail, détente, diner, coucher. Pas de télé, pas de portable !  C’est une idée parmi tant
d’autres ! Jean-Pierre.



Michel 18/09/2010 07:46



C'est une proposition. Il y a trop d'angélisme  chez les gens qui devraient porter un regard normal sur ces faits !  On ne cesse de trouver des excuses pour tous les actes
malveillants.


L'autre jour, quelqu'un me disait : "Ils ont été élevés, mais n'ont pas été éduqués".


Voilà le résultat !


Bon week-end Jean Pierre.


Michel


 



Jean-Marc 17/09/2010 00:54



Bonsoir Michel,


De tels faits relèvent de l'horreur absolue! La fameuse crise d'adolescence ne saurait en aucun cas justifier de tels actes de violence gratuite, de barbarie indigne d'êtres doués de raison. Que
faire? Retrouver les auteurs et les envoyer en prison pour le reste de leur vie (par une peine vraiment incompressible). Cela, certes, il faut le faire, mais un tel traitement
aura-t-il valeur de dissuasion pour les autres "loups" qui sommeillent dans une partie de cette jeunesse plus ou moins désoeuvrée? J'en doute. Est-ce cette société de toute puissance
économique, de compétition dans tous les domaines, entraînant pugnacité, puis hargne, puis agressivité, puis violence qui a relégué dans les oublis de l'histoire le slogan de mon adolescence:
"Make love, not war!" Le programme était autrement plus réjouissant, même si les "gens sérieux" de cette époque répétaient que ce n'était pas avec des "baba cool" qu'on construirait un pays
riche! Riche de quoi? Gandhi et Martin Luther King doivent se retourner dans leur tombe. Je ressens un épouvantable sentiment d'écoeurement et une insupportable sensation d'impuissance à agir
pour que mes petits-enfants connaissent un autre monde que cette jungle immonde.


Bonne nuit quand même, mon cher Michel, et amis du blog.


Jean-Marc



Michel 18/09/2010 07:37



Bonjour Jean-Marc,


OUI, un pays riche de quoi ? C'est bien la question. Bien sur, ces actions ne veulent pas dire que toute la France est dangereuse. Mais, même si ces cas ne sont pas "monnaie courante", ils sont
malgré tout trop nombreux. Je suis comme toi écoeuré et je me demande également comment sortir de cette mauvaise spirale. .....


Bon week-end Jean-Marc


Michel



natacha 16/09/2010 19:21



Bonsoir Michel,


Je soupire à la lecture de votre article ! les loups qui envahissent Paris me donnent toujours et encore la chair de poule. C'est l'Histoire, celle vécue par tant de nos parents qui n'ont pas
toujours osé raconter à leurs enfants leur Passé, par pudeur et aussi par l'invraisemblable, l'irréel des temps de guerre ! JE RETIENS dans ces paroles l'espoir toujours d'actualité de "l'Amour
et de la Fraternité retrouvés" qui fait pencher la balance vers la Paix !  


Dans cet attaque entre jeunes, je me demande d'où leur vient cette violence, POURQUOI ??? Nous aussi ados nous avions, avouons-le, des moments de révolte, réaction tout-à-fait normale : on ne
peut être d'accord à 100 % avec les adultes, mais nous gérions différemment notre énergie et nos moments de "mal de vivre" !! avec tout le recul des années, c'est ce que je constate.


Je veux croire qu'un jour ils réaliseront ce qu'ils font aujourd'hui, qu'ils prendront conscience de leurs actes.              



Michel 16/09/2010 22:36



Bonsoir Natacha,


Désolé pour ce rappel du passé. Ce chant n'est pas le plus approprié sans doute, mais ce titre est venu d'un coup en relisant l'article du journal. J'ai plus pensé à l'animal qu'à l'histoire.


Il est assez normal, durant l'adolescence, d'être révolté. Nous l'avons tous (ou presque tous) été. J'ai également eu quelques soucis avec mon père en ce temps là, mais il y avait une
ligne jaune à ne pas dépasser et surtout la conscience du mal à ne pas faire. C'était en quelque sorte un garde fou.


Tout cela a disparu pour certains (pas tous, il y a des ados normaux!).


J'espère également qu'ils sauront réagir, mais le mal qui est fait ne sera pas supprimé. Comme pour Bhopal, je vais me répéter : Comment vivre lorsque l'on a fait des actes horribles et parfois
irrémédiables ?.... Je ne sais pas répondre à cela.


Bien à vous,


Michel



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