Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le billet de Michel

Observer - Photographier - Partager....

Publié le par Michel
Publié dans : #Photos Tunisie

Sur les pentes de la colline de Byrsa, au pied de l'Acropole, un quartier du IIème siècle av. J.-C. a été conservé sous les miliers de tonnes de débrits acumulés par les Romains pour créer le centre monumental.

Carthage 2012 (14)

 

Djebel Boukornine   (vue) depuis  Carthage

Sept siècles Puniques

Morte ou vivante, toute ville historique prend naissance dans la légende. Il serait irrévérencieux d'entrer à Carthage sans évoquer d'abord la princesse venue d'un pays illustre et minuscule, la Phénicie blottie au pied du Liban. Elissa, fille et sœur du Roi, était femme du prêtre de Melqart, le grand dieu de Tyr. Ecartée du pouvoir après l'assassinat de son mari, elle s'enfuit, en compagnie de partisans, faisant voile vers Chypre. Là, elle embarque le grand prêtre d'Astarté, ainsi que vingt-quatre jeunes filles venues sur le rivage, selon la coutume, pour offrir leur virginité aux étrangers afin de se constituer une dot. Au terme d'un long périple, les Phéniciens débarquent sur le rivage africain. Mais les indigènes ne leur accordent pour tout terrain que la largeur d'une peau de bœuf. Elissa découpe cette peau en lanières si fines qu'elle réussit  à cerner de vastes espaces...

 

Carthage 2012 00)

Carthage 2012 (04)L'ancienne cité punique, détruite puis reconstruite par les Romains qui en font la capitale de la province d'Afrique proconsulaire, est aujourd'hui une banlieue huppée de Tunis regroupant de nombreuses résidences d'ambassadeurs. La ville possède encore de nombreux sites archéologiques, romains pour la plupart, classés au patrimoine mondial de l'Unesco depuis le 27 juillet 1979.

Carthage 2012 (05)

Carthage 2012 (06)

Carthage 2012 (07)

Carthage 2012 (08)

Carthage 2012 (11)

Carthage 2012 (12)

Carthage 2012 (13)

Carthage 2012 (15)

Carthage 2012 (16)A l'époque d'Hannibal, les maisons, à plusieurs étages, se serraient le long de rues étroites descendant des hauteurs vers la mer

Carthage 2012 (18)

Carthage 2012 (19)

Carthage 2012 (20)

Carthage 2012 (21)

Carthage 2012 (19)

Carthage 2012 (24)

Carthage 2012 (25)

Carthage 2012 (26)

Carthage 2012 (27)

Carthage 2012 (28)

Carthage 2012 (29)

Carthage 2012 (30)

Carthage 2012 (31)

Sept siècles Romains

En l’an 146 avant notre ère sur Carthage brûlée, labourée et maudite, commence un siècle de silence et de mort. Pourtant le site est trop précieux pour que les vainqueurs l’abandonnent vraiment. Une première colonie romaine s’y installe de façon précaire ; une seconde, placée sous le signe de la concorde, sera bientôt prospère, en dépit des vieilles exécrations dont se moquent César et Auguste, les nouveaux fondateurs. En quelques années, sur les cendres surfit à nouveau une grande ville. Virgile en évoque la construction, feignant de décrire l’œuvre de Didon : les uns prolongent les murs, construisent la citadelle, roulent de bas en haut des blocs de pierre… Ici, on creuse des ports, là on bâtit un théâtre, et d’énormes colonnes sortent de la pierre, hautes décorations de la scène future…

Carthage romaine est une ville cosmopolite. A la population autochtone, l’Italie, la Grèce et l’Asie Mineure ajoutent leurs contingents, les races se mêlent. Les religions aussi ; Juifs ou Libyques judaïsés creusent leurs catacombes aux abords de la cité près des tombeaux romains.

Carthage ville des plaisirs et des jeux se passionne pour les courses de chevaux, entre les quatre factions rivales. Mais elle est aussi une ville intellectuelle : ses habitants goûtent la tragédie, le mime, la comédie, les belles-lettres. En ce IIème siècle de notre ère les Carthaginois ne manquent pas de spectacles…

A partir du IIIème siècle, la province d’Afrique, toujours riche, toujours laborieuse, ne passe plus pour paisible et sereine. Elle s’enfièvre souvent et veut jouer dans l’empire un rôle qui la dépasse…  En ce même siècle, le christianisme affermit sa présence et introduit un autre ferment de désordre, tout en annonçant un ordre nouveau. Les vagues de persécution montent, s’apaisent, réapparaissent. En 258, l’évêque de Carthage, Cyprien, subit le martyre.

En 411, le monde méditerranéen bascule dans le chaos. Les Goths s’emparent de Rome. En 439, d’autres Germains, les Vandales, déjà latinisés en Espagne (dans une province qui semble en avoir conservé le nom, l’Andalousie) s’emparent de Carthage. Ils règnent un siècle en Afrique, commettant des destructions, mais construisant aussi des demeures, des thermes et des basiliques. Puis ils disparaissent, vaincus par Byzance qui cherche à rassembler les fragments de l’empire romain. Après eux, pendant 200 ans, la province de Carthage, confusément gouvernée depuis Constantinople, s’épuise dans les guérillas berbères.

La Carthage Musulmane

Avec l’apparition d’une foi nouvelle, la morale trouve bientôt des règles différentes et d’autres fondements. Dans les dernières années du VIIème siècle, qui constitue le premier de l’Hégire, le conquérant Ali Ibn Nôman n’entre pas à Carthage sans coup férir. Mais les Arabes qui fondent Kairouan et plus tard établiront leur capitale à Tunis, se détournent de ces rivages. Carthage devient alors toute blanche. Blanche comme une vaste carrière de marbre, blanche comme une page où personne ne veut écrire, blanche comme une tâche d’oubli sur la carte d’Afrique. Au Xème siècle, un docteur de l’Islam, mystique et homme d’action, Sidi Mahrez, saint patron des Tunisois, vient rêver dans les ruines. Carthage, blanche désormais comme le manteau des religieux soufis, comme les coupoles de leurs oratoires ou de leurs tombeaux, se consacrait à la prière. Au sommet du Cap Carthage, appelé alors le Mont du Phare, veillaient les soldats de la foi. Autour d’eux, les hameaux épars entre les collines et la mer abritèrent des contemplateurs, des ascètes, des mystiques.

Deux siècles après Sidi Mahrez, parut Abd al Aziz al Qurashi Mahdaoui qui mourut en 1224 près des ruines de la Malga entouré d’une foule de vertueux disciples. Le plus vénéré d’entre eux fut Abu Saïd al Bajï. A sa mort, en 1231, son tombeau devint lieu de pèlerinage ; le Mont du Phare où s’édifiait lentement le village de Sidi Bou Saïd se changeait en colline sainte.

En ce même XIIIème siècle un chevalier, non moins religieux, que le christianisme a élevé au rang des saints, Louis IX, roi de France, en route pour impossible reconquête de Jérusalem vint mourir à Carthage.

En 1535, les troupes de Charles Quint occupèrent le Phare et la Tour de l’Eau, profanèrent des sanctuaires et saccagèrent quelques villages avant de se retrancher au bord du lac de Tunis, puis de succomber aux Turcs.

 Mais les jours de guerre avaient à peine interrompu la tradition de la prière et de  recherches théologiques qui semblaient convenir à ces lieux privilégiés. Dans le sillage  d’Abou Saïd, des hommes que rien ne distinguait, sinon leur piété et leur pauvreté, ont laissé des souvenirs plus vivants que les généraux, et leurs tombes aimantent encore la dévotion populaire : tels le Shaykh Sidi Jarrah Ibn Khims, Abu Farès et son frère Abu Abd Allah, Abu Sayd Ibn al W ad… et enfin au XVIIème siècle Dawud as Salawi qui venait du Maroc. Ainsi se fermait la chaine d’or des saints défenseurs de la côte nord de Tunis, ce cordon de prière autour des ruines de la fastueuse capitale d’autrefois.

Carthage 2012 (03)


Cartahage-Livre.jpg 

 

Le texte ci-dessus est extrait de ce superbe livre

 

CARTHAGE retrouvée.  

Carthage matière et mémoire.

Abdelmajid Ennabli – Georges Fradier

Jacques Pérez.

 

Cérès Editions 

 

ISBN  9789973190550

 

 


 

D'autres explications : 

 

 

 

 

 

 

Commenter cet article

JPSIAM 24/08/2012 01:49


Lors de ton merveilleux voyage, je pense que les dieux etaient avec toi, vu la situation presente ,de ne pas tomber sur un groupe d existes religieux. Jean-Pierre

Michel 17/09/2012 17:49



C'est vrai que j'ai eu de la chance durant ce séjour. La preuve ces jours ci encore !


17 septembre 2012



Articles récents

Hébergé par Overblog