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Le billet de Michel

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Publié le par Michel
Publié dans : #Thaïlande-Aujourd'hui

Les évenements qui viennent de se produire à Bangkok, comme vous pouvez vous en douter,  sont loin de me laisser indifférents. Des heures passées sur Internet à la recherche d'articles divers sur cette journée du 19 mai, j'en ai retenu cet article réalisé par un Prêtre de Bangkok. (Texte intégral ci-dessous).


ASIE/THAÏLANDE.

C’est un enfantement douloureux pour la nation”, dit à Fides un prêtre de Bangkok

Bangkok (Agence Fides) –

La nation est bouleversée par l’épilogue violent qui a réprimé la protestation des “chemises rouges”. Après l’action de force de l’armée, qui a brisé les barricades érigées au cœur de Bangkok et après avoir arrêté les leaders rouges de la protestation, “l’opinion est remuée et la nation entière a besoin d’une réflexion sérieuse sur les modalités du gouvernement, sur l’état de la société, sur la bureaucratie, sur le rôle de l’armée, sur l’exercice réel de la démocratie” : c’est ce que déclare un commentaire adressé à l’agence Fides par le P. Peter Watchasin, prêtre du diocèse de Bangkok et directeur national des Œuvres Pontificales Missionnaires en Thaïlande.

“Ce qui s’est produit en Thaïlande, durant les dernières semaines est comme un enfantement douloureux que vit la nation. Nous espérons vivement que de cette souffrance sorte un pays meilleur. Le nouvel ‘enfant’ devra être une nouvelle ère démocratique qui – comme l’enseigne l’histoire mondiale, à l’exemple de l’Europe -, ne peut commencer que par une souffrance” note le prêtre.

Maintenant, une fois les manifestations de rue calmées, “il faut chercher quelqu’un qui puisse aider à résoudre le conflit social en amont, qui reste en suspens, et qu’il fasse faire des pas concrets de réconciliation nationale”. Entre les personnalités qui pourraient contribuer à ramener dans la nation un climat d’harmonie et de réconciliation, “il y a les leaders religieux, qui ont tenté de mettre leur influence, leur autorité morale et spirituelle au service de la paix, et qui pourraient le faire dans l’avenir”.

Autre figure importante pour le pays est assurément celle du roi, “très aimé par le peuple Thaï” : sa parole pourrait avoir des effets certainement positifs et serait appréciée de tous, disent beaucoup de personnes. En effet, remarque le P. Watchasin avec préoccupation, “la protestation sera étouffée pour quelque temps, mais elle pourrait ensuite reprendre de plus belle, dans la mesure où les motifs réels qui l’ont générée n’ont pas été affrontés ni solutionnés.

Le malentendu continue et le conflit, après cet épilogue violent, pourrait enfin se durcir ou trouver de nouvelles modalités plus violentes et plus dangereuses”. Les chemises rouges, explique le prêtre, “rassemble en leur sein plusieurs groupes différents : il y a les partisans de l’ex-premier ministre Thaksin, mais il y a aussi de nombreux paysans et des pauvres qui se plaignent de sérieux problèmes d’injustice sociale.

Les rouges sont devenus le symbole et la référence des couches les plus pauvres de la population Thaï. Ils parlent contre la corruption, répandue dans les hautes sphères de la bureaucratie et de l’armée.

Ils contestent les privilèges de ceux qui, bien qu’ils exercent. Il y a quelques questions structurelles à considérer, affirme le P. Peter : “Le pouvoir politique, économique et militaire en Thaïlande est concentré dans les mains d’une dizaine de famille. Il existe des liens entre les militaires et les hommes d’affaire, tout cela en faveur d’un petit nombre.

Cela est un grand problème qui accentue la distance entre une élite restreinte et les masses de pauvres, qui ont trouvé en Thaksin un personnage qui a su répondre en quelque sorte, à leurs attentes”. De telles questions sont affrontées si l’on veut désamorcer le conflit social, dans une nation qui apparaît irrémédiablement divisée : “une grande partie de la population est favorable à de nouvelles élections les refaire serait une façon pour restituer à la nation un bon chemin de démocratie” conclut le P. Peter, vu les circonstances discutables et les modalités dans lesquelles est né le gouvernement en charge.

Durant les dernières élections générales de la fin 2007, en effet, le partie qui a obtenu la majorité relative était celui des “rouges” (le People Power Party) mais, après un parcours politique accidenté – selon certains manœuvrés par les lobbies et par “des pouvoirs forts” –, la charge du gouvernement est confiée aujourd’hui au Premier Ministre, Abhisit Vejjajiva, Partie Démocratique, soutenu par les classes bourgeoises.

(PA) (Agene Fides 19/5/2010)


fides.org

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Natacha 22/05/2010 08:44



Bonjour Michel, il est toujours sain d'avoir de multiples sources d'informations face à un évènement quelqu'il soit. En l'occurence, ici il s'agit d'un Religieux Bangkokien qui connait bien son
Pays. La rédaction de son article est différente decelle d'un journaliste par exemple. Elle nous apporte aussi une autre approche quant à la compréhension de + de 2 mois de guérilla urbaine. La
question primordiale est : "quel avenir pour la Thaïlande et les Thaïlandais après cette journée noire du  19 mai ?!" Je l'avoue humblement l'Histoire de l'ASIE m'apparait très compliquée
mais mon envie de mieux la connaître est très vive.  Merci pour votre recherche et cet article.  Bonne journée à vous   Natacha    



Michel 22/05/2010 17:17



Bonjour Natacha


C’est effectivement parce que cet article est fort différent que j’ai souhaité l’inclure dans mon blog. Après cette publication, J’ai néanmoins quelques difficultés à "aller au fond du sujet".


Parce que, malgré mes voyages  depuis 32 ans en Thaïlande, bien des choses m’échappent encore....


 Parce que je ne voudrais pas vexer les Thaïlandais (avec une expression maladroite).


Comme vous, je me demande :


-"Quel avenir pour la Thaïlande et les Thaïlandais après cette journée noire du 19 mai 2010 ?.."



Jean-Marc 22/05/2010 08:43



Bonjour Michel,


L'analyse de ce religieux me paraît bien fataliste et résignée. Bien sûr, le "Tu enfanteras dans la douleur" des Ecritures permet d'accepter que tout progrès passe d'abord par une souffrance.
Dans cette philosophie, la vie terrestre elle-même n'est-elle pas une souffrance et une succession d'épreuves avant une vie idéale promise pour...après la mort?


Je souhaite vraiment que la démocratie s'installe en Thaïlande comme dans tous les autres pays totalitaires. Mais l'idée d'un "recours" (religieux, militaire, même le roi) conduit plus souvent,
me semble-t-il, à un monarchisme autoritaire qu'à une vraie possibilité d'expression pour le peuple.


Il est  vrai aussi que le résultat des élections, même s'il est favorable au "peuple" est parfois récupéré par des lobbies économiques ou financiers dont l'argent fait la prospérité ou la
ruine d'un état. La corruption ou les besoins de la "réalpolitique" font qu'une "nomenklatura" en remplace une autre où l'on  retrouve les mêmes opportunistes et d'où sont toujours exclus
les "petites gens" qui ont contribué à la mettre en place!


C'est bien compliqué tout cela, comme dit Alain, et c'est à désespérer du genre humain...pour un peu, je finirais par croire au paradis...ailleurs!


Bises. Jean-Marc


 



Michel 22/05/2010 17:14



Bonjour Jean Marc,


Merci pour ton excellent commentaire. J’aborderais volontiers ce débat avec toi lors d’une de nos prochaines rencontres, car ma culture d’Européen est bien différente d’un Thaïlandais. Je ne
voudrais pas que ma pensée  offense quelque personne ici dans ce pays que j’aime... mais qu’aujourd’hui j’ai un peu de mal à comprendre.


Bises  Michel


PS - STP.... Ne t'en va pas au .... Paradis avavnt mon retour !!!



alain 22/05/2010 06:46



j'essai de comprendre mais cela est bien compliqué pour un Farang


cordialement


Alain



Michel 22/05/2010 17:11



En quelques mots, ce Prêtre veut dire qu’il est important que les motifs réels qui ont générés ces manifestations et débordements soient étudiés, analysés, pris en compte et si possible résolus.
La  protestation a été écrasée, mais si l’origine du conflit n’est pas solutionnée, cela pourrait conduire des groupes extrèmistes à des actes plus radicaux.
  


Cordialement,


Michel



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