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En France et
en Thaïlande.
Réalité de la vie et rêves de voyages
Mardi 11 mai 2010 - Puisque la voiture est réparée, nous partons ce matin pour Camillian. Comme ces jours ci, le temps est très lourd, le ciel chargé de gros nuages et s’il pouvait pleuvoir, nous en remercierions bien le ciel. Mais vous savez, vous, comment se faire entendre du ciel ?
Le temps de prendre un café, quelques gouttes tombent déjà … Nous quittons Jomtien en longeant la plage, direction Sattahip et Rayong. Ce ne sont pas des gouttes de mousson, seulement une toute petite averse. D’ailleurs, à peine avons-nous quitté le bord de mer, qu’il ne pleut déjà plus. Comme aurait dit mon Père, « cette pluie n’a même pas mouillé les salades » !
Lorsque nous arrivons à la Mission, j’abandonne Alain à sa cigarette, il fume
comme un pompier le bougre, et j’entre dans la cour. Il est presque 11 heures et le
déjeuner est déjà servi aux malades. Tout est calme, il fait encore plus lourd car Camillian se trouve à une dizaine de kilomètres du bord de mer, dans les terres.
ADD est le premier à m’apercevoir. Il gesticule, rit et pousse des cris car le
malheureux ne peut plus parler. Il comprend néanmoins l’anglais. Je suis heureux de le retrouver en (assez) bonne forme.
En passant par la grande salle de soins palliatifs, la vieille dame est toujours dans son lit juste en entrant. Elle est contente de me voir, ses yeux parlent pour elle puisque tout ce qu’elle me dit en Thaïlandais n’est pas compris par moi. Aujourd’hui, Somsak, mon guide habituel et traducteur indispensable n’est pas là. J'apprendrai plus tard qu’il est souffrant, sans doute sera-t-il remis la semaine prochaine.
Dans la seconde salle de soins palliatifs, une malade me reconnait mais elle non plus ne peut pas parler, son sourire parle pour elle. Un aide soignant, inconnu de moi, lui donne sa nourriture, comme à un bébé. Ils ne seront que trois, parmi tous les malades alités, et une petite quinzaine parmi ceux pouvant se déplacer, à être encore là depuis ma dernière visite mi-février. C’est bien peu et très triste également. Les autres pensionnaires sont de nouveaux malades qui doivent se demander qui est ce Farang venant leur dire Bonjour !
Je suis heureux de retrouver les aides-soignants du matin, l'un d'entre eux semble bien
fatigué, cela me chagrine.
Un jeune homme Thaïlandais, vingt trois ans, m’explique qu’il sera l’an prochain Frère Camillian. En quelque sorte, il « fait » un noviciat, je ne sais pas comment l'expliquer autrement.
Camillian, c’est faire vœux de consacrer sa vie aux malades.
A la caféteria où j’achète d’ordinaire les boissons, la responsable n’est plus la même. Celle ci ne parle ni ne comprend l’anglais. Il me faut appeler « Au secours » pour lui expliquer que je souhaite 50 boissons (nombre de malades aujourd’hui), dans un grand panier pour pouvoir les distribuer à tous. Impossible de lui faire comprendre le grand panier, elle m’en fournit deux petits, peu pratiques. Ce n’est pas grave, la prochaine fois, j’irai chercher à la cuisine ce que je souhaite. Lorsque je lui explique que je reviendrai payer après avoir donné les boissons, (parce que ma quantité varie souvent), elle ouvre de grands yeux et me suis, pas à pas. Peut-être a-t-elle peur que je parte en courant !!...
Lors de cette première visite, c’est toujours la même émotion.
Que de personnes "mal en point" par ce maudit SIDA !
Que de misères ! Que de vies détruites !...
J’ai beaucoup parlé lors de mes deux derniers séjours, Septembre 2009 – Octobre et Décembre – Février 2010, d’un
petit garçon (Tongkao)(1) dont la maman est malade. Il
dort paisiblement dans son petit lit bleu. La préposée à la buanderie, repasse le linge en surveillant le gamin et me dit que son lit est trop petit pour lui maintenant. L’autre jour, il est
passé par-dessus et s’est fait mal à la tête sur le carrelage.
// Message reçu //
Maintenant, Il marche tout seul me dit-elle. - Tu veux que je le réveille. - Non, je verrai cela la semaine prochaine, laisse le dormir.
La plupart des enfants sont absents aujourd’hui, j’en croiserai quelques uns qui ne semblent pas me reconnaître ou ne font pas attention ! Après deux mois et demi d’absence, ils se souviendront de moi et mon visage reviendra en leur mémoire, lorsque j'offrirai à tous, une glace après déjeuner. Cela ne me fâche pas, car ce que je fais – et c’est bien peu – ne l’est pas pour obtenir une reconnaissance.
Aujourd’hui, l’invitation à déjeuner avec le staff et les enfants présents est déclinée. Elle sera acceptée la semaine prochaine lorsque je resterai un peu plus longtemps.
Un dernier tour pour saluer tout le monde et je retrouve Alain racontant des « bêtises » à ADD, ce qui le fait bien rire…
Au Revoir à tous ....
A la semaine prochaine
Hatit naa
(phonétiquement en Thaïlandais, mais certainement très mal prononcé !!!
Je ne suis absolument pas doué pour les langues.
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Ma Visite aux Malades de Camillian