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Le billet de Michel

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Publié le par Michel
Publié dans : #Les choses de la vie

Certains d'entre vous connaissent déjà ce texte. D'autres le découvriront. Je l'ai écrit en 2008 dans mes pages "humeur", supprimées aujourd'hui.  Mais je ne veux pas "effacer" définitivement certains textes !

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Décembre 2007 - Vol Thaï Airways Paris - Bangkok. Je quitte Paris et l’hiver pour m’envoler vers le soleil. Le vol n’est pas complet, 317 passagers pour 325 sièges. Ma place se situe vers le centre de l’appareil en classe économique. Avant de rejoindre la salle de départ, je passe un moment au salon VIP, avantage de mes multiples voyages sur Thaï et de ma carte de fidélité.

L’embarquement est annoncé et, là encore, petit avantage grâce à la carte client, je passe devant la longue file d’attente et monte à bord. Je m’installe parmi les premiers et le « bazar » commence. Il y a:

- Ceux qui ne sont pas contents de leur siège : « je voulais un hublot »…« je voulais être à côté de …. »

-  Ceux qui deviennent pensifs devant leur siège et le casier à bagages et bloquent toute la file.

- Ceux qui se déshabillent avec lenteur au beau milieu de l’allée et bloquent également tout le monde.

-  Ceux qui s’énervent parce que le casier est déjà plein.- Les stressés qui s’engueulent avec Monsieur ou Madame (j’ai cru remarquer que c’est plus souvent les femmes qui se font houspiller

-  Où tu as mis les billets, l’argent, les cartes de crédits, les passeports..

Enfin, tout le monde s’installe et je regarde quels seront mes proches compagnons de voyage. Les deux rangées devant moi sont occupées par une famille entière. Il y a donc Monsieur Charles le beau papa, Madame Lucienne la belle maman, Gérard le gendre, son épouse Claire et leurs deux enfants : une fille d’environ 3 ou 4 ans Christel et un garçon de 8/9 ans. Je regarde et je me dis qu’il va y avoir du spectacle.

 

En effet, Gérard a tout vu, sait tout. A l’entendre, on pourrait croire qu’il va nous piloter l’avion !

 

Lucienne est déjà en colère. Elle vient de demander à une hôtesse thaïlandaise, dans un excellent français, un oreiller spécial pour ses cervicales. L’hôtesse sourit, lui demande – en anglais – ce qu’elle souhaite, Lucienne répète d’un ton plus agacé, toujours en français la même demande. L’hôtesse sourit encore et s’en va.

-  Tu as vu Charles, comme on est traité.

Charles ne dit rien. Gérard tourne la tête. Mamy Lucienne explique la situation et son beau fils de Gégé dit qu’il n’y a pas de problème puisqu’il y a toujours dans les avions des coussins spéciaux pour les cervicales !.

Il se dirige donc vers l’hôtesse. Lucienne, telle la Castafiore, d’une voix excitée crie à son gendre:

-  Pas celle là, Gérard, elle est trop bête !

 

J’ai honte pour eux, car des dizaines de têtes se tournent vers la famille.

Gérard s’adresse donc à un steward à qui il demande en anglais ce fameux oreiller. Le steward répond :

-  Sorry Sir, no have. (Désolé Monsieur, nous n’en avons pas !)

Penaud, Gérard revient dire à Belle maman qu’il n’y en a pas. Celle-ci, courroucée, se tourne vers Charles :

-  Tu vois, je te l’avais bien dit qu’il fallait l’acheter chez Décathlon l’autre jour !  Si j’ai mal à la tête, ce sera de ta faute.

Charles ne dit rien. Je suppose qu’il doit avoir l’habitude.

Dans la famille « j’sais tout », le petit fils n’est pas mal non plus. Alors que l’embarquement n’en est qu’à sa moitié environ, il se met à hurler :

-  Maman, Christel ne veut pas mettre sa ceinture, elle va tomber.

Finalement, on sépare les enfants, un avec les parents, l’autre avec les grands parents. Le garçon ne veut pas changer alors on passe par-dessus les fauteuils la gamine qui hurle.

Et bien, voila un voyage qui s’annonce haut en couleur me dis-je !

Que se passe t-il avec les trois passagères derrière mon siège. Depuis leur arrivée, impossible de ne pas les entendre car elles parlent très – très – fort. Je mets cela sur le compte de l’excitation ou du stress de départ et essaie de me plonger dans la lecture de la presse que l’on vient de distribuer.

A côté de moi, à gauche, le siège est libre, et à gauche encore, à côté du hublot un passager d’une trentaine d’année, filme avec son appareil SONY l’intérieur de l’avion et l’extérieur à travers le hublot de l’avion.

Ces dames parlent vraiment trop fort et je renonce à ma lecture, attache ma ceinture et me cale dans le siège en attendant le décollage. C’est assez long car l’avion roule longtemps avant de rejoindre la piste.

Nos trois « exploratrices » dont je ne dirai pas qu’elles sont âgées mais plutôt riches d’années, ne ménagent pas leurs commentaires sur leurs précédents voyages. Je ne les voie pas et les imagine – l’une est autoritaire et semble (comme Gérard) tout savoir et avoir tout vu, une autre acquiesce régulièrement et voudrait bien renchérir avec la première – mais c’est peine perdue – enfin la troisième aimerait intervenir mais elle se fait régulièrement mettre en place. Je souris en m’imaginant « les vamps » assises derrière moi avec une nouvelle copine.

Madame autoritaire connait bien l’Asie. Vous pensez « j’ai fait » l’Asie avec mon défunt en 1985. Mais vous savez ça n’a pas du changer (Tu vas en avoir une surprise pensais-je) !

Madame j’acquiesce connait bien aussi car elle a beaucoup lu sur l’Asie.

Madame « n’arrive pas à en placer une » arrive juste à dire.. Moi je, que les deux autres ne l’écoutent déjà plus !....

J’ai tout essayé pour ne plus les entendre, coller une oreille contre les oreillettes des fauteuils, un doigt sur l’autre oreille, bien sur impossible de dormir. J’ai mis les écouteurs et monté le son de la musique.. même là j’entendais encore, mais cela devenait des murmures, au moins je ne comprenais pas !...

Mais c’est bien dur de dormir avec la musique trop forte dans les oreilles. Je tourne je retourne, j’essaie de me caler au mieux, impossible, j’entends toujours nos pipelettes. Un moment, le bruit s’arrête, je n’en crois pas mes … mes oreilles, … hélas !, quelques minutes et c’est reparti. Tout y passe, les voyages, la famille, le travail et la secrétaire idiote, les erreurs des patrons qui, s’ils l’avaient écoutée ….

Ensuite, elles sortent leur planning de voyages. J’ai droit à la lecture commentée, à ce qu’il faudra faire et voir, aux moments de repos, aux heures de lever et coucher .. bla bla bla ….

Au début, je les avais cru excitées tant elles parlaient fort, je crois à présent qu’elles devaient être sourdes ou presque sourdes. Départ Paris Roissy vers 13 h 30 – arrivée Bangkok vers minuit à Paris (6 heures du matin en Thaïlande), je ne crois pas que nos vamps se soient arrêtées plus d’une demi heure. Presque à l’arrivée, Madame Autoritaire dit, je ne sais pas vous mais moi je ne peux jamais dormir en partant en vacances, seulement un peu au retour (et oui, pas de bol pour moi on partait !). Ce qui est certain c’est que les deux autres n’ont pas dormi également.

 

Juste avant de quitter l’avion, je regarderai nos 3 dames et leur demanderai avec un grand sourire :

 

-  Vous devez être fatigué.

-  Oh merci Monsieur, non ca va bien.

Même pas compris les garces !

 

Pendant que le bavardage est en boucle à l’arrière, devant, les commentaires ne cessent pas. Pour le repas, on peut en général choisir entre 2 plats. Ce jour là c’était poulet (Chiken) ou bœuf (beef) avec un accompagnement adéquat. Lucienne (belle maman) ne comprend pas, Gérard (gendre) lui explique et péremptoire lorsque l’hôtesse lui demande elle dit :-  Viande blanche

-  Chicken or beef demande l’hôtesse

-  Viande blanche répète Lucienne

Et l’hôtesse lui donne au hasard… un plat et continue son service. (pas de chance le plat est beef) Lucienne, en le découvrant, grogne, tape sur l’épaule de son gendre qui doit réclamer le changement.

Repas terminé, beau papa Charles souhaite se mettre à l’aise et sans aucune vergogne, pose ses pieds sur les sièges de ses enfants, recule le dossier de son siège au maximum. Pour justifier sa position, il dit très fort que c’est excellent pour la circulation. C’est d’un chic !

Vient alors le moment du film. J’ai l’impression d’être dans une situation surréaliste. Les lumières s’éteignent. Alors, plusieurs passagers allument les lampes individuelles. Aussitôt, la majorité fait de même, ainsi nous nous retrouvons dans un avion en pleine lumière, facile pour dormir ou essayer de dormir !

Je ferme les yeux et j’entoure mon écharpe sur mes yeux et ma tête pour oublier un moment, les pipelettes, la famille je sais tout et les passagers qui ne veulent pas être dans le noir …..Je somnole quelque peu lorsque, soudain, je sens quelque chose qui me touche les orteils. !!!!

Je bouge le pied, le déplace légèrement et .. Cela recommence. Non, j’y crois pas, sur ma rangée, il n’y a que mon voisin de l’autre côté du siège vide…il n’est pas en train de me faire du pied tout de même. Doucement, je retire l’écharpe, je tourne la tête et je vois la petite fille de devant qui s’est glissée sous les sièges et qui joue avec mon pied. Elle s’aperçoit que je la regarde et hop, d’un bon, regrimpe entre papy et mamy. Bon maintenant, je vais essayer de dormir un peu.

 

A l’approche de Bangkok, l’hôtesse demande de relever les tablettes devant nous et d'ouvrir les hublots. Lucienne, depuis notre départ a du pratiquer l’anglais, car elle râle aussitôt.

-  Et pourquoi on doit fermer les hublots nous ? Et de l’autre côté ils les ouvrent !

J’ai envie de lui jeter mon oreiller sur la tronche (mais je n’en fait rien !).

Enfin, nous atterrissons à Bangkok, et Lucienne crache encore un coup au passage de l’hôtesse :

-  Et ben, faudrait leur donner des cours d’amabilités, elles z’ont qu’à venir travailler avec moi, je leur apprendrai.

En passant devant eux pour quitter l’avion,  je leurs jette un regard le plus noir possible et me précipite car j’en ai suffisamment entendu pour ce voyage. Il a jamais pensé au « bouillon de 11 heures, Charles » ?

 

Descente de l’avion, contrôle passeport, récupération des bagages, le taxi m’attendait et direction Pattaya et Jomtien. J’arrive à l’hôtel, il est 9 heures (matin) localement > 3 heure du matin à Paris.

Il fait déjà plus de 25°.

 

*-*-*-*-*-*-*-*

 

Ces comportements sont hélas courants et toujours d'actualité.

 

 

Commenter cet article

Olivier & Noy 20/03/2010 09:27



J’ai bien rigolé en lisant cet article
Merci.


A bientôt


Olivier & Noy.



Michel 20/03/2010 23:37


Ma foi, cela me fait plaisir d'avoir pu transformer cette galère en humour.
Ce fût néanmoins un voyage peu banal. Heureusement, ce n'est pas toutes les fois pareil.
A bientôt
Michel


n.W 13/03/2010 11:30


Bonjour, je lis régulièrement tout ce qui concerne la Thaïlande et ses pays frontaliers depuis mon 1er séjour là-bas qui date de janvier-février 2009 et je suis
tombée sur votre blog : je suis tjours aussi scandalisée de voir le comportement des étangers dès qu'ils quittent leur pays et leurs exigences. Un couple de Français ne se trouve-t-il pas en prison
dans un pays d'Amérique du Sud je crois pour avoir provoquer un esclandre dans l'avion ... 


Michel 14/03/2010 00:17


Oui, il est vrai que parfois  certains comportements sont "lourds" !!!
Cela dit, dans le cas de mon voyage, c'était de la mauvaise éducation et des caprices. Il n'empêche que c'est pénible pour les autres passagers.
Dans le cas des personnes en Amérique du Sud, je crois que c'était plus complexe. J'ai lu tout et son contraire...donc je ne sais pas trop. Mais ce qui est certain c'est que la Police est
intervenue.Qu'est devenu cette histoire: Je croyais qu'ils avaient été libérés il n'y a pas très longtemps.
MERCI pour votre lecture et votre message.
J'espère vous retrouver prochainement sur mon blog.
Bon week-end
Michel


Florian Marais 13/03/2010 10:02


Salut Michel,
Ce billet m'a bien fait rire ... j'essayais d'imaginer la scène en 3D ... Mais, pauvre de toi, quel voyage tu as dû passer !! C'est dommage que ce genre de comédie ne soit pas disponible "à la
carte", parce que parfois, pour rire un peu et se détendre, au moment ou on le souhaite, ce serait bien rigolo de pouvoir rejouer cette tranche de vie en compagnie d'une bordée de copains ...
Soirée rigolade assurée. C'est vrai que ça fait un peu dîner de con, mais j'avoue ... ça me fait rire ...
Enfin, l'essentiel est que tu sois arrivé sans encombres, et pu bénéficier d'un sommeil réparateur bien mérité.
Amitiés,
Florian. 


Michel 14/03/2010 00:09


Merci Florian pour ce commentaire.
Oui, ce serait bien si l'on pouvait avoir ce spectacle à la carte. C'est un peu plus ennuyeux au cours d'un voyage qui dure plus de 10 heures. Mais c'est l'occasion de pouvoir décrire les travers
des uns et des autres.... et d'en rire un peu !
Lundi, une histoire (vécue également) sera sur le blog. Elle se passe  dans un bus parisien.
Elle va peut-être t'amuser. C'est un autre genre... A Suivre !
Amicalement,
Michel


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