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Le billet de Michel

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Publié le par Michel
Publié dans : #Thaïlande-Jak

Août 2006
J’avais sollicité les Français expatriés de bien vouloir m’aider à trouver une association à laquelle confier Jak, personne ne s’est donné la peine de chercher ou se renseigner. J’avais demandé, par email, les coordonnées d’une association à un médecin Francophone installé également à Pattaya, mais je n’ai jamais reçu de réponse.

Avant mon arrivée à Pattaya, Alain un très bon ami m’avait prévenu que certains « farangs » (Touristes) trouvaient mon action auprès de Jak … STUPIDE !

Le premier jour de ce séjour, j’en ai eu confirmation par un Français qui me dit :

« Il ne faut pas s’occuper de Jak, c’est un connard qui a déjà stoppé son traitement plusieurs fois.  Un Docteur de Pattaya l'a déjà pris en charge et il ne veut plus le soigner. » (J’apprends ainsi que ce docteur soigne les malades du SIDA.)

Ce à quoi je réponds :

1. Quand bien même ce serait un « connard » peut-on laisser quelqu’un mourir de faim, et sans soins ?

2. Je fais de mon argent ce que je veux.

3. Comment peut-on juger le comportement de quelqu’un d’aussi gravement malade.

4. Avec une grande fatigue, son raisonnement n’est-il pas quelque peu différent ?

5. Je ne suis pas DIEU le Père… et je sais parfaitement que je ne pourrai pas modifier sa destinée… mais je peux (un tout petit peu) adoucir sa vie actuelle.

Nous en restons là de cet échange verbal, qui m’a fort contrarié !

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Publié le par Michel
Publié dans : #Thaïlande-Jak

Juin 2006
Ma frustration est grande de ne pouvoir mieux aider ce garçon malade.  Il se prénomme Jak et aura 30 ans en juillet 2006.

 

Pour ceux qui me connaissent bien, ils savent que lorsque j’ai une idée en tête, en général, je fonce.

 

Je continue donc, jour après jour,  la mise en confiance de JAK. Chaque matin, il me rejoint sur la plage et s’allonge sur la chaise longue à côté de moi. Je lui demande s’il avait bien dormi, s’il a mangé etc.

 

Un matin, il me dit qu’il n’a pas bien dormi et qu’il est fatigué. Entre nous, je l’ai remarqué depuis bien longtemps, aussi je profite de cette confidence pour lui suggérer d’aller voir un médecin.

          - As-tu besoin d’argent ? 

Il baisse la tête et n’ose répondre. Alors je change de tactique


- Est-ce que tu as vu autrefois un médecin ? 

- Oui me dit-il, mais c’est à Bangkok, un hôpital près de l’aéroport.(Il n’a même pas la valeur d’un euro dans son porte-monnaie ce jour là).

 

En un instant, je prends ma décision et lui dit.

 

Je vais t’aider et te donner de l’argent pour que tu ailles aujourd’hui même à l’hôpital.

 

Je trouve les mots pour le convaincre et après trente minutes environ de discussion, il accepte. Il est parti et n’est revenu que 4 jours plus tard avec un traitement d’un mois. Il reverra le médecin vers le 10 juillet.


C’est bougrement long un mois dans un état pareil !!

 
A son retour, il semble un peu  « requinqué » par quelques perfusions et médicaments. Cela va un peu mieux. Hélas, en quelques jours, en voulant toujours travailler, l’état devient presque aussi mauvais qu’avant son départ pour Bangkok.

 
Le matin, il a pris l’habitude de me retrouver, sur la plage.  A peine assis dans la chaise longue,  il s’endort immédiatement tant il est, déjà, épuisé. Parfois il entrouvre les yeux, me regarde et fait un timide sourire, l’air de dire, je suis désolé !  J’ai donné des consignes au plagiste pour lui donner, si je suis absent – sur mon compte -  à boire et à manger s’il le désire, ce qu’il fait rarement. Et je dois souvent insister  pour qu’il se nourrisse un peu.

 
Les jours passent et je ne suis pas content car mon séjour va sur sa fin …. Je ne peux pas partir tranquillement sans faire autre chose encore.

 
A force de réflexions, j’ai trouvé une solution pour qu’il puisse manger et dormir sous un toit, même s’il ne peut pas travailler,  jusqu’à mon prochain voyage.

 
Un matin, je lui explique avec toujours beaucoup de précaution pour ne pas le vexer, que je souhaite l’aider tant qu’il ne sera pas en meilleure santé.  

Pour ma part, je suis plutôt pessimiste quant à l’issue de sa maladie, mais je lui parle comme s’il avait seulement une grippe sévère !

 
Je lui donne une enveloppe contenant de quoi payer sa chambre du mois de Juin et sa nourriture. Je lui explique qu’ainsi, les jours où il sera fatigué, il pourra se reposer, sans se préoccuper du travail, il devra seulement prendre ses médicaments, dormir et manger. 

 
En juillet, en août et en septembre, Marc lui remettra de ma part, une enveloppe qui lui permettra de …vivre … tout simplement.

 
Lorsqu’il comprend ce que je lui propose, il se cache la tête entre les mains pour pleurer en silence. Inutile de vous dire combien je suis tout autant bouleversé !

 
Mon séjour se termine et de retour en France, j’ai des nouvelles (par email et par téléphone) par mes amis français sur place.  Comme je m'y attendais, la santé de Jak n’est pas très brillante.

 
Je viens d’expédier un email à un médecin francophone installé à Pattaya afin qu’il m’aide à trouver un médecin spécialisé ou une association de suivi et prise en charge, s’il en existe une. J’attends sa réponse.

 
J’ai mis également, sur cette recherche, ceux sur place, qui veulent bien faire autre chose que bronzer…. Mais il n’y a pas beaucoup de volontaires !  L’égoïsme est ROI  et la maladie fait bien souvent peur ! Le jour de mon retour (mercredi) je me suis dit que septembre était trop loin et comme je passais à l’agence de voyage, je reprend immédiatement un billet pour la Thaïlande pour fin juillet, car je voudrais pouvoir, s’il est encore temps, faire le maximum le plus vite possible,. 

 
Et peut-être, qui sait, pouvoir aider Jak à retrouver une vie normale ou à peu près normale, car aujourd’hui ce n’est pas une vie !!!!

 
Bien sur, je n’ai jamais évoqué le nom de la maladie avec Jak, mais vous avez certainement tous compris qu’il s’agissait vraisemblablement du SIDA, ce fléau mondial.

 

-  Savez vous que 8.000 personnes (soit 5,55 chaque minute) meurent chaque jour du Sida dans le monde !

 
Je ne changerai rien à cela, mais je peux tendre la main à quelqu’un en détresse ….

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Publié le par Michel
Publié dans : #Thaïlande-Jak

Mai 2006


Depuis quelques jours, sur la plage de JOMTIEN, j'observe les allées et venues d'un garçon de 30 ans environ, paraissant en fort mauvaise santé. Ce garçon propose  inlassablement sur la plage, des massages des pieds ou des jambes, que les touristes refusent, vraisemblablement en constatant l’état de santé du garçon !

 

Pour ma part... IMPOSSIBLE de faire comme si je n'ais rien vu. Impossible de regarder ailleurs et de ne pas essayer (au moins) de faire quelque chose .... OUI MAIS QUOI ????

 

Je finis par lui faire un petit signe afin de me rejoindre. Surpris, il pointe son doigt sur sa poitrine signifiant MOI ? 
Je fais signe de la tête OUI et il vient lentement, les épaules voûtées. Je ne sais pas encore ce que je vais lui dire afin de ne pas vexer ou humilier ce garçon.


Au moment où il approche, je lui dis simplement
- Tu sembles bien fatigué ? 
- Un peu

 

Aussitôt, je lui glisse un billet dans sa main en disant « prends un moment de repos et va manger quelque chose ». Ses yeux regardent le billet, (il ne s’agit pourtant que de 50 bath = 1 euro environ) il est surpris et exprime sa joie, comme si je venais de lui donner une fortune !

Je suis alors très heureux pour lui.

 

Depuis ce jour, chaque matin, il me rejoint et s'assied dans la chaise longue à côté de moi. Après avoir mangé un gâteau que je lui apporte, il s'endort ou plutôt, il somnole avec une respiration saccadée et une toux horrible, qui fait mal à entendre. Sa peau, ses ongles et ses yeux montrent combien il ne va pas bien. Il est épuisé et pourtant continue d'essayer de travailler car …pas de travail = pas d'argent !

 

De temps à autre, il se tourne vers moi et m'adresse un regard dans lequel je vois la tristesse et la détresse avec un mélange de joie de pouvoir se reposer un peu (c'est en tout cas mon sentiment!)

 

Comment lui parler de sa maladie, avec tact et sans le blesser ?

Comment savoir s'il se soigne ?...

 

Ce matin je lui ai demandé, alors qu’il était épuisé par une longue toux, s'il « prenait des médicaments » - il me répond "parfois" !!!!!

 

Deux amis français, Marc et Gérard lui montrent également une grande sollicitude mais nous sommes peu nombreux sur cette plage à procéder de la sorte – Hélas !

 

Evidemment je sais bien que la destinée de ce garçon n'est pas entre nos mains. J'espère seulement que la petite chaleur humaine que nous lui apportons lui adoucira un tout petit peu cette vie bien difficile.

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Publié le par Michel
Publié dans : #Thaïlande-Jak

En 2006, sur la plage de Jomtien, en Thaïlande, je remarquais un garçon d'une trentaine d'année environ, qui semblait fort "mal en point".

plage jomtien mareebasse blog

Cela ne faisait aucun doute qu'il était malade ( Sida ? ) depuis un certain temps déjà. Il était abandonné de tous - ou presque - et je ne pus rester insensible à cette détresse.

En décidant de l'aider, je ne me doutais pas que j'allais rencontrer un monde méconnu (ou que l'on ne veut pas voir), celui de malades, de tous ages, démunis et souvent seuls.


J'allais également découvrir parmi-eux des enfants, souvent orphelins, à qui la maman, séropositive, avait transmis le virus à leur naissance.


Je ne doutais pas non plus que cet accompagnement allait durer presque deux ans......

Ces textes ont été écrits entre Mai 2006 et Février 2008.

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