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Le billet de Michel

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Articles avec #thailande-les gens catégorie

Publié le par Michel
Publié dans : #Thaïlande-Les Gens

Lorsque vous arrivez au bout de la route de Pattaya, à Jomtien, juste en face du poste de police, vous tournez immédiatement à droite et les larges et longues plages commencent.

 

Dans l’angle de l’immeuble, à droite, se trouve une supérette « SEVEN ELEVEN », et juste devant celle-ci, sur le trottoir, est installée une marchande de fruits. Sa marchandise est présentée sur une espèce de comptoir sur pieds fermés de chaque côté. La face arrière dispose de portes coulissantes.

 

Lors de mon dernier séjour, j’avais déjà remarqué ce comptoir et le trouvait un peu bizarre, pour vendre des fruits. Il ne peut s’agir d’un endroit de stockage car les ventes sont en général effectuées au jour le jour. C’est d’autant plus improbable que j’avais cru remarqué, lors d’un coup d’œil indiscret, des vêtements à l’intérieur.

 

Ma curiosité était restée sans réponse, et lors de mon arrivée, en décembre dernier, chaque jour je me posais les mêmes questions. A quoi sert l’intérieur de ce comptoir ?

 

Jusqu’à ce qu'un jour …. Que vois-je sous le comptoir Coca Cola? ….

Un bébé !

 

Enfant-sous-comptoir287koMais oui, c’est donc un bébé qui passe ses journées sous les fruits, en quelque sorte dans un lit cage, comme il en existait autrefois, dans les campagnes auvergnates. Sauf que, en auvergne, ce lit cage, destiné aux adultes en général, se trouvait assez souvent dans une grande pièce principale ou quelquefois dans l’étable.

 

Ce bébé est un garçon. Il ne marche pas encore, mais commence à vouloir regarder ce qui se passe à l’extérieur. A plat ventre, l’autre jour, il pointait son nez ….

 

L’intérieur ressemble à un lit, un ventilateur est installé sur le trottoir pour rafraîchir quelque peu l’air à l’intérieur. Voici donc un système D Thaïlandais. Maman vend des fruits la journée. Vraisemblablement, elle ne doit pas avoir les moyens ou la facilité de faire « garder » son enfant, donc il reste avec elle, sous le comptoir. Il est plutôt de bonne constitution, car jamais je ne l’ai entendu pleurer, et je passe devant deux fois par jour.

 


 

Note : L'écriture de ce texte date de fin  2007, mais je ne l’avais pas expédié. Depuis, le petit garçon a grandi, la maman a changé d’endroit et s’il reste toujours la marchande de fruits il n’y a plus de bébé. Mais l’histoire méritait ,je crois, d’être contée !

 

 

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Publié le par Michel
Publié dans : #Thaïlande-Les Gens

Mardi 5 Juin 2007 - Après ma visite à la mission, je traverse la route et prend position pour l’attente du bus, c’est à dire à côté d’une cabine téléphonique en plein soleil. Les minutes sont longues sous la chaleur. Seul un poteau téléphonique donne une petite ombre et j’essaie tant bien que mal de placer ma tête dans cet axe ombragé.

 

J’attends, j’attends…..

 

Enfin je vois au loin un bus bleu et blanc BANGKOK – RAYONG. Je fais un signe du bras. Tiens, c’est bizarre, le bus ne fait pas d’appel de phare. Il ne semble pas ralentir non plus ! Je fais un second signe un peu plus persistant… et …. Le bus passe à mes côtés sans s’arrêter…..

 

Je n’écrirai pas les mots qui sont sortis de ma bouche, chacun pourra les imaginer. Me voici contraint d’attendre le suivant.

Le temps s’écoule lentement, trop lentement. Il fait une chaleur épouvantable, pas un souffle de vent… et, je suis parti sans casquette, comme d’habitude !

 

Environ vingt minutes plus tard, un nouveau bus. Un signe, un appel de phare, et celui ci s’arrête. Je saute en marche et cherche une place dans le frigo qu’est le bus. C’est ainsi en Asie  vous passez perpétuellement du chaud au froid et du froid au chaud.

 

Je rentre à l’hôtel et c’est plus tard dans la soirée, je raconte par téléphone cette histoire à Gérard qui me dit :

 

« Ben, c’était certainement le bus Pirate des 100 Bath, qui t’a reconnu et n’a pas voulu s’arrêter » !!!!!!!!!!!

 

Effectivement, ce raisonnement se tient, et c’est peut-être bien la réalité !

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Publié le par Michel
Publié dans : #Thaïlande-Les Gens

26 mai 2007 - Le mototaxi ne me dépose pas, comme à l’ordinaire, à l’arrêt du bus, mais de l’autre côté de la route, très importante, très fréquentée et à double voie (genre périphérique de ville). Pourquoi ?... Je ne le saurai jamais !!! Je dois donc traverser par une passerelle aussi haute qu’un immeuble de 2 étages. Les escaliers sont tellement raides que je glisse et me rattrape de justesse évitant ainsi de dévaler sur les fesses la totalité des marches ! Bon cela commence bien me dis je !

 

Arrive le bus. Vieux, très, très, vieux !  Même scénario que d’habitude, il faut grimper très vite car il ne s’arrête presque pas. Peut-être qu’il ne pourrait pas repartir !

 

En avançant dans l’allée centrale, j’ai l’impression d’être dans un « BUS PIRATE » :

 

Le chauffeur : tout petit avec une grosse moustache (c’est rare en Thaïlande). Si petit que lorsqu’il est assis, le dossier du fauteuil dépasse sa tête d’au moins 25 centimètres. Vu des places assises dans le bus, on dirait qu’il n’y a pas de conducteur et que le bus roule tout seul. Le volant mesure au moins _80 centimètres de diamètre et les petits bras de notre chauffeur sont bien incapables d’en faire le tour !

Bon, on ne le voit pas mais au moins on sait qu’il est là, car il conduit décontracté (jusqu’à 110 km heure) en téléphonant sur son portable si fort que tout le monde l’entend.

 

Le caissier : Tatoué, piercings, foulard retenant de longs cheveux

 

Le préposé aux portes et aux bagages : Tatouage sur la fossette droite de son visage, (faut l’faire !) sur les bras et le cou.

 

Une fois assis, le caissier se déplace vers ceux qui sont montés pour encaisser. Jamais de ticket et …tarif aléatoire, surtout si vous êtes farang (voir mes précédents écrits).

 

Il me regarde et me fait un signe de tête voulant dire : Où tu vas ? …

Moi, je fais un sourire et dis : Camillian

Il ne comprend pas,

Je souris toujours et dis : Camilliennn

Il ne comprend toujours pas alors je n’insiste pas et dis : Rayong (mais il faut dire Layong). C’est le terminal 20 Kilomètres après le centre.

 

Ne sachant pas quel prix serait chargé, je donne un billet de 100 bath. Il me regarde, regarde le billet et, sans un mot, s’en va.

 

J’enrage car je viens encore de me « faire avoir » !

 

Mon humeur ne s’arrange pas, mais j’essaie de me calmer.

 

Il passe plusieurs fois devant moi, mais il ne me regarde pas. Il sait bien qu’il m’a « arnaqué » !

Je ne le quitte plus de yeux pendant au moins dix minutes, et enfin, il est bien obligé de me regarder (le regard attire le regard). Un petit signe de ma part l’invite à me rejoindre, ce qu’il fait, non sans traîner les pieds.
- Pour Rayong, c’est trop cher 100 bath.!... lui dis-je.
   [ "Pay Layong, Loî bath peng mac maa"
- It’s OK  it’s OK, répond t-il en tenant dans sa main une liasse de billets.

 

Agacé, je tends rapidement ma main et lui soutire un billet de 20 Bath. Je veux recommencer mais il serre très fort la liasse, je tire, il résiste et je lâche car je crains de couper les billets en deux, imaginez le bazar dans le bus si j’avais déchiré l’argent !

 

Je lui dis alors :
- Encore 20 Bath.
- No (et il dit quelque chose en Thaï, que je ne comprends pas et c’est sans doute tant mieux car ce ne sont certainement pas des gentillesses).

 

Il repart vers l’avant du bus. Je le suis des yeux, il plonge la main dans une boite et revient me donner 10 Bath en marmonnant Layong …

 

Heureusement que ce n’est pas un vrai pirate, j’aurai bien pu avoir  la tête tranchée !

 

Je m’en tire donc pour un prix de 70 Bath, je me suis tout de même fait arnaqué mais l’honneur de l’Auvergnat est sauf.

 

Au retour, pour le même trajet, j’ai payé 40 Bath

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Publié le par Michel
Publié dans : #Thaïlande-Les Gens

Dimanche 21 janvier 2007

 

Gérard et moi visitons Marc à l’hôpital de CHONBURI. Gérard et Marc se connaissent depuis 43 ans, c’est dire combien la situation, fort pénible pour Marc sur son lit d’hôpital, est aussi extrêmement difficile pour Gérard. Hélas, Marc ne va pas fort ! Un souffle rauque répond comme un écho à l’air qu’insuffle la machine par la trachéotomie. Il est très fatigué, mais n’en a pas moins toute sa conscience, et juste avant de le quitter, il me fait comprendre de lui donner des nouvelles de JAK. Ce que je fais avant de prendre le chemin du retour, pendant lequel nous sommes très perplexes !

 

Lundi 22 janvier 07

 

Comme un ami thaïlandais souhaite m’accompagner à la mission et ne dispose que du mardi pour jour de congé, je reporte ma visite du lundi.

Quelques instants de relaxe à la plage sous un ciel gris et triste et un vent un peu frisquet. Vers 12 h 30, je téléphone à Gérard qui est retourné à l’hôpital. Hélas, l’état de Marc est encore plus mauvais que la veille. Je suis inquiet et ne tient plus en place. Je décide de quitter la plage et de repartir pour CHONBURI.

 

J’embarque dans le bus de 14 heures, qui s’avère – hélas – plus lent qu’un omnibus. Nous quittons l’arrêt et dix minutes plus tard le bus s’arrête pour …. Déjeuner du chauffeur = durée 20/25 minutes. Et pendant ce temps, nous attendons ! Départ à nouveau, ouf ! Mais quinze minutes plus tard… arrêt cigarette du chauffeur = durée 10 minutes ! Pendant ce temps, le préposé à l’ouverture des portes harangue la foule en criant à tue tête : direction Bangkok, dépêchez vous !!!

 

De fort méchante humeur, je le regarde tout en pensant : quelle bêtise !... Imaginez quelqu’un sur le trottoir, entendant qu’un bus va partir pour Bangkok, se dit.. « Tiens, je vais faire un tour à Bangkok » oubliant ainsi ce pourquoi il se trouve là !.... Il est des choses incompréhensibles ici en Asie pour un esprit cartésien !

 

Bref, il est presque 15 heures. Je peste car nous n’avons pas parcouru beaucoup de kilomètres. Et pour améliorer la situation, un moment plus tard, le bus s’engage pour faire le plein de gas-oil car on le fait ici rarement avant de partir (peut-être faut-il attendre d’avoir quelque argent !). Notre chauffeur s’engage dans la station service et essaie de se glisser entre les pompes et un camion. Il s’arrête, cela semble étroit, recule un peu et recommence pour finir parfaitement coincer entre une pompe sur le côté droit et l’avant gauche du bus coincé à l’arrière gauche du camion. On ne peut plus bouger ! Il faut donc attendre que le chauffeur du camion veuille bien bouger son véhicule.

 

Enfin nous repartons  et peu après, mon téléphone sonne. C’est Gérard qui, à peine revenu de CHONBURI, a été prévenu par l’hôpital du décès de Marc. Nous convenons de nous retrouver à l’hôpital, je continue mon trajet en bus, il me rejoint en taxi.

 

Peu de temps après, le bus s’emballe. Le chauffeur se croirait-il au volant d’une « Porsche » ?  A t-il prit du retard sur son horaire ? Peut-être, tout simplement, est ce l’effet des bières ingurgitées pendant les arrêts ?

 

Encore une heure environ et me voici arrivé à destination. Je grimpe rapidement les étages et trouve la dépouille de Marc enveloppé dans un drap, les mains et le visage découverts, sur un brancard au milieu des malades et des visiteurs, comme je l’ai déjà vu pour d’autres décès. La mort ici n’est pas considérée et traitée comme en occident !

 

Immédiatement, le nécessaire est fait pour conduire Marc en chambre funéraire. Et là aussi, rien à voir avec nos rites. L’endroit est exigu et il faut slalomer entre plusieurs morts, seulement enveloppés dans une feuille de plastique transparente.

 

En attendant Gérard, je téléphone à l’ambassade pour les informer du décès. Le Consul m’assure que le nécessaire sera fait pour faciliter les démarches.

 

Gérard, accompagné d’un ami, arrive avec un taxi à qui il demande d’attendre pour notre retour. Visite douloureuse à Marc puis nous quittons l’hôpital en cherchant notre taxi.

 

Une fois installés dans la voiture, nous regardons le chauffeur faire une prière à Bouddha avant d’actionner le démarreur. Teuf.. teuf..teuf….. et, rien de plus. Plusieurs fois, il recommence, en vain ! Bon, il manquait plus que ça !... Impossible de démarrer la voiture. Elle est chaude nous dit-il gêné, avec un sincère « Sorry Sir »….. Plusieurs chauffeurs de taxi s’approchent. C’est à qui donne son avis devant le capot ouvert. On touche un câble, on secoue la tête, on est perplexe devant le mal qui ronge ce moteur. Le plus beau reste à venir : L’un des chauffeurs, depuis un long moment au téléphone avec un spécialiste (?), demande au chauffeur de démarrer… teuf teuf teuf …. Pendant que ce chauffeur dispose son téléphone portable au dessus du moteur….. Vous avez déjà vu une consultation auprès d’un garagiste par téléphone vous ?...

 

Bon, et maintenant, que faisons nous ? … le chauffeur indique que son boss va nous envoyer un autre taxi… Non merci bien ! Dans ce cas, il faut attendre plus d’une heure et demie puis reprendre la même route pour le retour. Nous décidons d’abandonner ce taxi à son aventure et de prendre une voiture directement ici à l’hôpital. Nous négocions un prix avec un taxi moto qui part à la recherche d’un taxi. Quelques minutes plus tard, c’est le même garçon – il a changé de chemise- qui arrive en voiture avec deux places normales devant, et derrière une toute petite banquette où seule Mimi Mathy pourrait être à l’aise !... Mais nous n’avons plus le choix, on y va. C’est inconfortable au possible. Le retour est long car la route encombrée et il commence à pleuvoir. Un énorme orage nous tombe dessus ce qui est très rare en cette saison. A l’arrivée à Pattaya, il est presque 20 heures.

 

Rendez-vous est pris pour le lendemain matin pour 7 heures, chez Gérard, qui sera accompagné par deux amis parisien. Nous retournons à l’hôpital pour toutes les formalités.

 

Mardi 23 janvier 07

 

Deux thaïlandais doivent se joindre à nous et c’est en minibus que nous rejoindrons CHONBURI. Sept heures, le taxi est là, les quatre européens aussi, et nous attendons les Thaïlandais qui arrivent calmement avec 20 minutes de retard. Ils ne sont pas deux mais … trois. C’est ainsi en Thaïlande !

 

A l’hôpital, nous avons rendez vous à neuf heures avec une société identique aux pompes funèbres en France, son nom = Siam Funeral.

Nous sommes un peu en avance et la société en retard et en profitons pour effectuer une nouvelle visite à Marc.

 

A notre arrivée, l’administration nous indique que nous ne pouvons rien faire car seule l’ambassade de France peut gérer la situation !  Fort de mon entretien avec le Consul, hier, je fais les gros yeux et certifie que le nécessaire a été fait pour que nous puissions intervenir. Cela ne semble impressionner personne !  

 

Il est alors 9 h et je téléphone à l’ambassade. La standardiste répond que Mr le Consul ne sera pas là avant 9 h 15 ou 9 h 30. Je raccroche et rappelle vers 9h 20. Toujours pas de Consul… et ainsi de suite toutes les cinq minutes. Il est maintenant presque 9 h 40 et devant mon insistance, la standardiste, un peu excédée sans doute, consent à me donner la ligne directe du Consul. Les minutes passent et mes appels, en absence, doublés de plusieurs messages sur répondeur restent sans réponses. Entre temps, les représentants de Siam Funeral  sont arrivés et nous leurs demandons de patienter car nous sommes dans une impasse administrative. Heureusement que le Consul a fait (à ce qu’il m’a dit)  le nécessaire hier !!!!

 

Bon, je ne vais pas vous narrer le détail, car tout cela a duré toute la matinée. Appels téléphoniques, fax, photocopies… Enfin, au bout de presque trois heures, et sur la promesse d’un fax de l’ambassade – du service de l’état civil -nous devrions pouvoir disposer de la dépouille de Marc, mais nous ne savons pas si ce sera aujourd’hui ou demain.

 

Nous repartons pour Pattaya en attendant un appel téléphonique. Après paiement de la facture de l’hôpital, le certificat de décès est obtenu.  A ce moment là, je pense que le plus dur est fait. C’est être on ne peut plus optimiste !

A Pattaya, Gérard prend contact avec le temple bouddhiste et les bonzes sont d’accord pour une cérémonie suivie de la crémation le même jour ou le lendemain.

 

Mardi 23 janvier – 14 h 30

 

Appel téléphonique de Siam Funeral. Ils sont en route avec le corps. Nous contactons par SMS / Texto tous ceux qui connaissent Marc et les informons de nous rejoindre séance tenante au Temple, à la sortie de la ville. Nous y serons environ une quinzaine de personnes.

 

Arrivée de Siam Funeral suivi par une voiture (genre camionnette de Police) dans laquelle se trouve Marc. Le responsable me dit aussitôt : « Je n’ai pas reçu la procuration que devait me faxer l’Ambassade, normalement, je ne dois pas être là ».

 

Nouveau coup de fil à l’ambassade. Je joins enfin le Consul qui me dit qu’il n’y a aucun problème, le fax va partir immédiatement. Je rassure le responsable de Siam Funeral, et la cérémonie commence, suivie par la crémation. Pendant cette cérémonie, nous sortons dans la cour et partageons quelques souvenirs.

 

Le responsable Siam s’approche de moi et me précise qu’il vient de téléphoner à sa société, le fax n’est toujours pas arrivé… Ce que nous faisons donc est illégal !!!... Je regarde le four, me tourne vers lui et lui dit … TO LATE (trop tard) en le rassurant que cela sera régularisé ce soir… Je rappelle à nouveau l ‘Ambassade, où personne ne répond!

 

Il faut encore attendre un long moment avant que la crémation soit terminée et assistons – nous sommes encore cinq – au tri des ossements. Le préposé nous explique que celui ci est un os du crâne, un autre, un bout de tibia…. Etc.

 

Cela vous paraîtra peut-être macabre, sordide, ou inconvenant. Je vous assure qu’il n’en ait rien. Pour ma part, devant ces restes du corps, après la crémation, je ne peux que penser à la futilité des choses, de la vie, de l’humain, des biens, de l’orgueil, de l’argent…

 

J’ajouterai que mon choix est fait depuis longtemps pour la crémation, et celle ci, confirme encore un peu plus ma décision.

 

En effet, ces quelques semaines et le cancer des poumons ont détruits le corps de Marc. Les stigmates de  la maladie sont la dernière vision dans nos esprits. La crémation a réduit a si peu son corps qu’elle a permis d’oublier instantanément cette dernière vision, pour n’en conserver que celle de Marc d’avant, vivant, souriant, sur la chaise longue à la plage, au restaurant, ou nous servant un apéritif, dans leur maison avec Gérard.  Nous n’abandonnons pas / n’enfermons pas quelqu’un dans un cercueil, nous retrouvons celui ci dans nos souvenirs et dans nos cœurs, au moment où il était bien et bon vivant !

 

J’ose même dire, et je ne suis pas le seul, que nous sommes soulagés en quittant le temple !

 

Hélas, les ennuis administratifs ne sont pas terminés. A peine revenu de la cérémonie, je reçois à l’hôtel un nouvel appel de l’ambassade. Un autre correspondant me dit qu’il va faire le nécessaire pour la procuration qu’il mettra au courrier demain !  Inutile de vous dire que je serre les dents pour rester poli et aimable, en lui demandant de faxer dés ce soir ce document car toute la cérémonie est actuellement terminée.

En serrant les dents, mon amabilité a des limites, et je sens à l’autre bout du téléphone la stupeur de ce Monsieur, qui ne rajoute rien – et c’est tant mieux ! Il me dit alors qu’il fait partir immédiatement ce fax.  

 

La coordination des services de notre Ambassade me laisse perplexe, ce qui m’incite à demander à Gérard de faxer le certificat de décès de Marc à Bangkok dés le lendemain matin. On ne sait jamais !

 

Mercredi 24 janvier 07

 

Ce fut une riche idée, car alors que je téléphonais une la énième fois à l’ambassade, on me dit qu’un fax est arrivé à leur intention mais ce n’est pas ce document que nous devons fournir. Il faut – avec celui ci – aller à la Police locale pour établir un acte de décès authentique sur papier jaune. Cet acte devra être traduit en français par une société agrée

par l’ambassade. Et bien, c’aurait été tellement simple de nous donner ces indications la veille quand nous étions encore à CHONBURI … Il n’y a plus qu’à contacter  à nouveau Siam Funeral … et on recommence tout !

 

Vendredi 26 janvier 07

 

A l’heure où je termine l’écriture de ce texte, nous sommes en fin de journée vendredi, j’ai harcelé nos pompes funèbres locales qui ont eu beaucoup de patience avec moi, j’ai demandé à l’ambassade de me confirmer la bonne réception des documents et leurs exactitudes.

 

Ce soir, Siam funeral m’affirme que tout est ok. Les documents originaux et leurs traductions ont été remis à l’ambassade ce matin. Mais de la part de l’ambassade aucune nouvelle !

 

Je vais donc essayer d’oublier jusqu’à lundi en essayant de me convaincre que : pas de nouvelle = bonne nouvelle.  (Si j’ose dire !)

 

Demain samedi, visite aux malades sidéens, à la mission, que j’ai délaissés toute la semaine.

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Cet arrticle est publié avec l'autorisation de Gérard, le 23 septembre 2008.

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Publié le par Michel
Publié dans : #Thaïlande-Les Gens

Quelque peu à l’écart du tumulte de Pattaya, ils mènent une vie paisible.

Tout deux ont été très participatifs dés ma prise de contact avec Jak. C’est à eux  à qui je confiais des enveloppes contenant l’argent à remettre chaque début de mois lorsque j’étais en France.


Marc aujourd’hui âgé de 70 ans, n’est pas en bonne santé. Toux persistante, essoufflement, fatigue l’obligent à consulter. Verdict du médecin: bronchite chronique. Cela est plausible car une longue vie de fumeur et un travail dans les bars de longues années ont certainement rendu les bronches fragiles.

 

MARC EST GRAVEMENT MALADE.

Dimanche 14 Janvier 2007

 

Ces dernières semaines la santé de Marc a très vite déclinée. Je me rends aujourd’hui, à l’hôpital de CHONBURI à 80 km environ de Pattaya où Marc a été transféré.

 

Marc était hospitalisé à Pattaya dans un grand hôpital international depuis le 10 décembre dernier.  Dés son arrivée à l’hôpital, il fût mis sous assistance respiratoire en soins intensifs et après deux longues semaines, il fallut faire une trachéotomie. L’on apprit alors qu’il était atteint d’un cancer aux poumons. Les métastases avaient envahi les glandes lymphatiques. Son bras, sa main et sa jambe gauche avaient plus que doublé de volume.

 

Le coût des soins dans cet hôpital de Pattaya était de 50.000 bath par jour environ soit plus de 1.000 Euros !!!...  Malheureusement Marc ne dispose pas d’une couverture sociale en tant qu’expatrié qui perd ses droits à la Sécurité Sociale (la Caisse des Français à l’Etranger prend alors le relais mais Marc n’a pas rempli le dossier dans les temps et il est maintenant trop tard !!!)…

Vous imaginez la situation dramatique, car il doit payer à fond perdu les sommes à l’hôpital.

 

Afin d’essayer de trouver une solution, je prends contact avec l’Ambassade de France à Bangkok en expliquant la situation. Plusieurs coûts de fil au Consul, puis fax … Peu de solutions peuvent être envisagées. D’autant qu’entre temps, l’état de Marc a empiré. Il est devenu intransportable pour un rapatriement et, ne pouvant plus payer, il a été transféré à Chonburi vendredi 5 janvier vers un hôpital thaïlandais, où il est installé dans une chambre commune de 30 lits, surbookée à 35 / 40 lits certains jours.

 

Dans cette salle de soins intensifs ne se trouvent que des cas extrêmes, pratiquement tous sous assistance respiratoire, certains plongés dans un coma. Cette grande salle est ouverte de chaque côté pour faire circuler l’air mais aussi la poussière. Les ventilateurs au plafond en sont recouverts.  Des râles, les bruits des appareils, le va et vient du personnel et des visiteurs…. Et les décès fréquents ! Voilà l’ambiance !

Le représentant du Consul qui s’est déplacé mardi dernier a quelque peu pâli en entrant dans cette chambre et nous a dit : « Je n’ai jamais vu cela ! »

J’arrive à l’hôpital, après 2 heures de route.  Je rejoins Marc que je trouve dans un état de fatigue extrême. Impossible de communiquer car il ne peut parler (à cause de la trachéotomie). Ce sont donc plutôt des questions de ma part auxquelles il répond par des mouvements de tête ou des mains.

Sa fatigue me préoccupe et je lui suggère d’essayer de dormir un peu. Comme ses mains tremblent, je les prends entre les miennes et essaie ainsi de le calmer un peu. Il semble s’assoupir, ouvre parfois les yeux et me voyant les referment aussitôt.

 

Restant ainsi, j’ai tout loisir de regarder un moniteur cardiaque placé deux lits plus loin. Il est à 152, et je le vois diminuer : 140..130..145..125..puis descend lentement et inexorablement… parfois une légère remontée…

Je ne peux m’empêcher de me souvenir de la semaine précédente ou un même moniteur a suivi la même courbe …. Le « graphique » (pardon, je ne sais pas comment cela s’appelle) est parfois plat puis repart…les bips de cette machine s’espacent…. nous sommes à 45… 43…42… 30… et quelques minutes plus tard 0. …. Une petite remontée 4..5..et encore zéro… La famille venu rendre visite à ce patient est dans le patio et ne se rend compte de rien. Je n’ose bouger car je vais réveiller Marc. Enfin quelqu’un s’approche, intrigué car l’appareil ne bipe plus… Des yeux se remplissent de larmes. C’est fini.

 

Il se passe un très long moment (au moins dix minutes) avant que l’on tire le rideau et que le personnel s’affaire. Pour ma part, en trois visites, c’est la quatrième fois que je vois un patient mourir… Et tout le monde – y compris les autres malades – voit la même chose !

 

C’est bien triste pour Marc. Il se trouve dans cet environnement, ne peux pas s’exprimer et en plus ne peut comprendre ce que les infirmières ou médecins lui disent car le personnel ne parle qu’exclusivement thaïlandais.

 

Je n’entrerais pas dans le détail des quelques heures passées en sa compagnie. Elles ont été vraiment trop dures pour lui. Beaucoup trop de souffrance physique, et nous ne pouvons rien faire.  C’est trop triste, nous sommes impuissants et c’est très dur à accepter.

 

Vous sortez d’un tel endroit en ayant l’impression d’avoir porté pendant des heures un sac de ciment sur les épaules et les jambes sont … coupées. Voilà, c’est cela : coupées.

 

Retour à Pattaya par le bus. Comme souvent,  il est super bondé : les places assises sont une cinquantaine environ… nous devons être 80. 30 clients supplémentaires – dont moi – sont debout entre les sièges à se cramponner tant bien que mal. Un peu plus de deux heures plus tard, je saute à l’arrière d’une moto taxi pour rejoindre l’hôtel où je parviens vers 17 heures.


Epuisé, je m’allonge sur le lit et ne tarde pas à m’endormir. Une heure plus tard environ, je me réveille un peu moins fatigué. Une douche, sortir afin de dîner légèrement, et retour à l’hôtel pour une nuit de repos. Demain lundi, en route pour la Mission à RAYONG où je retrouverai, les malades et les enfants, pour une nouvelle journée d’action.

 

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